Roumanie: trois églises seulement rendues aux uniates (290790)
Vienne/Bucarest, 29juillet(APIC) Sur les 1’800 églises confisquées en
1948 à l’Eglise uniate (gréco-catholique) de Roumanie, trois seulement lui
ont été rendues, a déclaré le secrétaire de l’évêque uniate d’Oradea, en
Transylvanie, Ioan Marin Malinas, de passage à Vienne. Pour lui, c’est
moins les autorités que l’Eglise orthodoxe roumaine, qui est entrée en possession des églises uniates en 1948, qui empêche leur restitution.
Depuis la relégalisation de l’Eglise uniate en janvier de cette année,
les évêques gréco-catholiques demandent que tout ce qui avait été confisqué
en 1948 soit rendu pour que l’injustice passée soit réparée. Ce n’est qu’à
ce moment-là qu’ils seront prêts à discuter d’une éventuelle utilisation
commune des églises par les fidèles orthodoxes et uniates. Cette réparation
est selon lui l’une des conditions d’une réconciliation oecuménique à long
terme entre les deux Eglises.
Actuellement, les uniates ne peuvent se rassembler pour leurs célébrations que dans des maisons privées, des parcs, des cours ou des stades.
Presque toutes les tentatives des évêques uniates de fixer une date pour
une entretien sont repoussées par les évêques orthodoxes, affirme Malinas.
Que l’Etat ait jusqu’ici peu contribué à clarifier le conflit, le prêtre
l’explique par la peur de l’Eglise orthodoxe, qui rassemble plus de 80% de
la population roumaine. Après la révolution, le gouvernement roumain
s’était déclaré prêt à rendre à l’Eglise uniate tout ce qui était passé en
sa possession. Il avait alors laissé les deux Eglises débattre entre elles
de la question de la restitution des églises. Malinas demande quant à lui
que soit formée une Commission rassemblant des représentants des deux Eglises et de l’Etat chargée de clarifier la question de la restitution.
L’Eglise uniate compte actuellement quelque 600 prêtres. Un certain nombre de prêtres orthodoxes désireux d’entrer dans l’Eglise uniate sont victimes d’intimidations de la part de leur Eglise: ils sont par exemple menacés d’excommunication. L’Eglise orthodoxe tente même de retenir ses prêtres
par des promesses.
"Un statut provisoire"
Pour Malinas, l’âpre conflit entre les Eglises uniate et orthodoxe en
Roumanie est un frein important au dialogue oecuménique entre catholiques
et orthodoxes. Il estime qu’il faudrait en revenir à la situation d’avant
1948. En même temps, il faut montrer clairement à l’Eglise orthodoxe que
les uniates ne voient pas les orthodoxes comme des ennemis ou des adversaires. Les orthodoxes doivent être persuadés que l’Eglise uniate jouira d’un
statut provisoire jusqu’au moment où l’unité sera rétablie entre les catholiques et les orthodoxes, relève le secrétaire de l’évêque d’Oradea.
Un autre problème, important, existe, souligné par Malinas: la "latinisation" de la liturgie dans l’Eglise uniate. Des éléments du rite latin se
sont glissés dans le rite byzantin, qui relie les uniates à l’Eglise orthodoxe: dans le sacrement du baptême, le chapelet et le chemin de croix, dans
les habits liturgiques. C’est regrettable et ce n’est pas sans dangers, relève-t-il. De tels développements prêtent à la critique dans plusieurs milieux orthodoxes, qui craignent que l’héritage liturgique et théologique de
l’Eglise de rite oriental soit "souillé" ou trahi par une union avec Rome.
(apic/kpr/cor)