Roumanie: restitution des églises aux uniates (141290)
Bucarest, 14décembre(APIC) Aucune solution n’est à attendre prochainement
dans la querelle qui oppose les Eglises orthodoxe et gréco-catholique
(uniate) de Roumanie à propos de la restitution des lieux de culte, a déclaré le porte-parole du patriarcat orthodoxe roumain de Bucarest, Ioan
Sauca, lors d’un entretien accordé au correspondant de l’agence APIC en Autriche. Même si les uniates ont diminué leurs exigences et ne réclament
plus que 77 églises sur les deux milles qui leur appartenaient avant 1948,
les fronts se durcissent, ce qui rend plus difficile le dialogue oecuménique entre catholiques et orthodoxes.
Les évêques uniates considèrent la dissolution de leur Eglise et la remise aux orthodoxes de leurs lieux de culte comme un acte d’injustice et de
puissance qui demande réparation. Leurs exigences ont pourtant diminué: ils
ne réclament plus que 77 églises sur les deux milles qui leur appartenaient
avant 1948. La semaine dernière, un représentant de l’Eglise uniate avait
annoncé son intention de s’adresser à la Cour internationale de justice de
La Haye, au Parlement européen à Strasbourg et aux Nations Unies pour obtenir gain de cause.
Le gouvernement roumain et le patriarcat orthodoxe roumain se sont déclarés prêts à soutenir les paroisses gréco-catholiques pour la
construction de nouvelles églises. Pourtant, a relevé Ioan Sauca, les
fronts se durcissent, ce qui rend plus difficile le dialogue oecuménique
entre les Eglises catholique et orthodoxe.
"Les uniates devraient accepter des propositions"
Sauca a déclaré que ni le patriarcat ni l’Etat roumain n’a le droit de
rendre les églises, celles-ci étant propriété des paroisses. C’est la "volonté des fidèles" qui doit décider. Le patriarcat ne peut "faire que peu
des choses"; l’Etat, de son côté, a promis la restitution de tous les biens
encore en sa possession, comme les écoles et les domaines agricoles.
Le patriarcat orthodoxe roumain se dit favorable à une solution au conflit, a affirmé son porte-parole. Il a même offert aux uniates une utilisation commune des lieux de culte. Une proposition qui, si elle était acceptée, permettrait aux évêques et aux prêtres gréco-catholiques de ne plus
célébrer en plein air ou dans des appartements privés.
L’Eglise orthodoxe s’interroge
L’Eglise orthodoxe roumaine s’interroge sur son comportement durant la
dictature communiste et en tire maintenant les conséquences. Elle a besoin
d’un renouveau, a concédé Ioan Sauca. Il s’agit d’un renouveau spirituel,
pas d’un changement au niveau des personnes. "Ceux qui se sont effectivement compromis" se sont retirés. Reste que la décision de réhabiliter plusieurs responsables orthodoxes considérés comme compromis et qui s’étaient
retirés après la révolution - en premier lieu le patriarche Teoctist Ier ne plaît pas à tous les fidèles.
L’Eglise orthodoxe doit à nouveau être présente dans la société, et particulièrement dans les écoles, a commenté Ioan Sauca, qui a reconnu que
l’engagement social avait été négligé durant ces dernières décennies au
sein de son Eglise. Il faut maintenant regagner le terrain perdu, a-t-il
ajouté.
Le porte-parole du patriarcat orthodoxe roumain a en outre démenti les
affirmations selon lesquelles l’Eglise orthodoxe voudrait conserver son
statut d’Eglise nationale dans la future loi religieuse, dont le projet a
été élaboré par toutes les Eglises du pays. Dans la Constitution de 1923,
les Eglises uniate et orthodoxe sont des "Eglises nationales". Un statut
que refuse aujourd’hui l’Eglise orthodoxe. (apic/kpr/gs/cor)