Roumanie : Reconstitution de la hiérarchie catholique (180390)
Bucarest, 18mars(APIC) C’est "avec surprise et inquiétude" que les autorités roumaines ont appris la nomination mercredi par le pape Jean Paul II
de 12 évêques - cinq de rite byzantin et sept de rite latin - permettant
ainsi la reconstitution complète de la hiérarchie catholique en Roumanie,
en l’état où elle se trouvait avant l’arrivée au pouvoir des communistes.
Le ministre chargé des affaires religieuses, Nicolae Stoiescu, a estimé
que ces nominations sans consultations préalables des autorités roumaines
était "une violation des principes du droit international respectés dans
tous les pays". Nicolae Stoiescu, dans une déclaration publiée par l’agence
de presse roumaine "Rompres" a déclaré que c’était un incident sans précédent dans l’histoire des relations entre la Roumanie et le Vatican.Les responsables du gouvernement ont cependant affirmé à plusieurs reprises que
les Eglises sont désormais libres de s’organiser comme elles le désirent.
Le vice-premier ministre Mihai Draganescu, dans une interview accordée
fin février à l’agence APIC, l’avait confirmé en ces termes concernant les
les structures de l’Eglise orthodoxe de Roumanie et des autres Eglises :
"Nous aurons un nouveau Patriarche, mais maintenant, l’Etat ne peut plus
imposer de candidat, comme il ne peut plus dicter qui sera le président de
l’Académie roumaine. C’est fini tout cela. Le bureau chargé de la surveillance des Eglises, sous l’égide de la Securitate, a été dissous et nous
avons formé un vrai ministère des cultes".
Il semble que la question de l’Eglise uniate (catholique de rite byzantin, dissoute par les communistes et intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe en 1948) soit au coeur du problème. Il s’agit désormais pour cette
Eglise relégalisée et reconstituée de récupérer ses biens (églises, cathédrales, ...) attribués à l’époque aux orthodoxes. Le ministre des cultes
Nicolae Stoiescu propose que l’on fasse un recensement et un référendum au
niveau des paroisses, décanats et diocèses pour savoir s’il faut attribuer
les églises aux gréco-catholiques (uniates) ou les laisser aux orthodoxes,
une partie des uniates étant devenus orthodoxes.
La question uniate : aussi un enjeu électoral
La hiérarchie uniate refuse cette proposition, arguant que ses biens ne
lui ont pas été pris par référendum, mais par la force. Le problème est devenu un enjeu électoral en vue du scrutin du 20 mai prochain, les Roumains
étant à près de 80 % orthodoxes. La Roumanie compterait actuellement 2,8
millions de catholiques, 870 prêtres de rite latin et 540 de rite byzantin.
Les uniates (roumanophones) étaient 1,7 million avant leur interdiction un peu plus que les catholiques latins, appartenant majoritairement à la
minorité hongroise - et l’on pense qu’ils sont nombreux à se considérer aujourd’hui comme orthodoxes, le rite étant le même. (apic/be)