Les évêques de "l’Eglise des catacombes" reconnus officiellement
Rome/Bucarest, 14mars(APIC) La révolution du 22 décembre en Roumanie a
déjà produit ses premiers effets positifs pour les croyants lors de la légalisation fin décembre de l’Eglise greco-catholique (uniate), interdite
par les nouvelles autorités en 1948. La normalisation de la situation de
l’Eglise catholique en Roumanie s’est poursuivie ce mercredi par la nomination par le pape Jean Paul II de 12 évêques - cinq de rite byzantin et sept
de rite latin. Certains parmi ces nouveaux évêques ont passé des années
dans les geôles communistes, comme l’archevêque Alexandru Todea, chef des
catholiques uniates, qui jouit d’une autorité considérable dans le pays.
Le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls, a souligné mercredi
que l’Eglise catholique, persécutée quatre décennies durant, avait retrouvé
la structure qu’elle avait avant l’arrivée au pouvoir des communistes. Le
pape a nommé en plus un évêque auxiliaire pour Alba Julia. Plusieurs de ces
évêques portaient jusqu’ici le titre d’administrateurs apostoliques "ad nutum Sanctae Sedis" - avec l’agrément du (seul) Saint-Siège - et donc sans
l’assentiment de l’Etat. Il s’agit donc pour eux d’une confirmation. Pour
les autres, il s’agit bien d’une nomination.
A noter que le pape a choisi de maintenir en fonction, parmi les cinq
évêques gréco-catholiques (uniates), deux prélats ayant dépassé 75 ans, âge
auquel les évêques sont tenus de donner leur démission. Il s’agit de l’archevêque de Fagaras et Alba Julia, Alexandru Todea (77 ans) et l’évêque de
Lugoj, Ioan Ploscaru. Ces deux évêques, en compagnie de l’évêque de ClujGherla, Mgr Gheorge Gutiu (65 ans), ont passé de longues années en prison
pour avoir refusé de signer l’acte d’adhésion à l’Eglise orthodoxe, suite à
la liquidation en 1948 de l’Eglise gréco-catholique. Les nouveaux évêques
uniates sont Mgr Lucian Muresan (48 ans), évêque de Maramures, ainsi que
Mgr Vasile Hossu (70 ans), évêque d’Oradea Mare.
Les nouveaux évêques de rite latin sont : l’archevêque de Bucarest, Mgr
Ioan Robu (45 ans), jusqu’à maintenant administrateur apostolique de Bucarest; Mgr Lajos Balint (60 ans), évêque d’Alba Julia, en Transylvanie, jusqu’ici évêque auxiliaire et vicaire général de ce diocèse de langue hongroise; Mgr Petru Gherghel (49 ans), évêque de Iasi, en Moldavie, jusqu’ici
ordinaire "ad nutum Sanctae Sedis"; Mgr Sebastian Kräuter (67 ans), jusqu’ici ordinaire du diocèse de Timisoara, dans le Banat; Mgr Jozsef Tempfli
(58 ans), évêque d’Oradea Mare; Mgr Pal Reizer (46 ans), évêque de Satu Mare. Le pape a nommé évêque auxiliaire d’Alba Julia Mgr György M. Jakubinyi
(44 ans), jusqu’ici professeur au séminaire pour les diocèses de langue
hongroise à Alba Julia.
La normalisation a été rendue possible suite à la décision des nouvelles
autorités roumaines de suspendre deux décrets datant de 1948 : le premier
réglementait les cultes et ramenait de cinq à deux le nombre des diocèses
latins; le second décidait de l’intégration forcée à l’Eglise orthodoxe
roumaine des catholiques de rite byzantins unis à Rome depuis 1698. Les
uniates qui refusèrent l’intégration forcée subirent la persécution, et les
évêques en place en 1948 périrent tous en prison ou en résidence surveillée. Les évêques gréco-catholiques ordonnés clandestinement passèrent également de nombreuses années en détention. Un autre décret, également promulgué en 1948, supprima les ordres religieux et attribua leurs biens à
l’Etat. Il doit encore être annulé et les diocèses s’apprêtent à réclamer
le retour de leurs écoles nationalisées.
En annonçant ces nominations, Jaoquin Navarro Valls a fait remarquer
qu’il n’était pas encore question à ce stade de rétablir les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Roumanie. Il a rappelé que ce sont
les Etats qui doivent en prendre l’initiative. Il a toutefois indiqué que
les autorités roumaines avaient restitué au Saint-Siège le palais qui
abritait naguère la nonciature apostolique. (apic/jt/cic/be)
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