Roumanie: les uniates veulent s’adresser à la Cour internationale (061290)
La restitution des églises fait toujours problème
Moscou, 6décembre(APIC) L’Eglise gréco-catholique (uniate) de Roumanie se
sent flouée dans sa liberté de culte. C’est pour cette raison qu’elle veut
s’adresser à la Cour internationale de justice de La Haye, au Parlement européen à Strasbourg et à l’ONU, a annoncé l’oeuvre d’entraide "Aide à
l’Eglise en détresse" (AED) dans un communiqué publié mercredi 5 décembre à
Königstein (Allemagne).
Dans une déclaration publiée jeudi 29 novembre à Bucarest, l’Eglise gréco-catholique de Roumanie, précise AED, a reproché au gouvernement d’avoir
falsifié l’histoire et abusé de la démocratie dans le contexte de la
"question uniate". C’est pourquoi elle a pris ses distances vis-à-vis des
cérémonies organisées le 1er décembre par le gouvernement pour commémorer
le rattachement en 1918 de la Transylvanie à la Roumanie. La déclaration,
signée par le vicaire général de Cluj-Gherla, Tertullian Langa, affirme
l’intention de l’Eglise uniate de s’adresser à la Cour internationale de
justice de La Haye, au Parlement européen et à l’ONU.
Le 1er décembre 1948, l’Eglise uniate de Roumanie, qui comptait alors
1,5 million de fidèles, avait été interdite et intégrée de force à l’Eglise
orthodoxe. Des centaines de prêtres, dont l’actuel métropolite de l’Eglise
uniate, Mgr Alexandru Todea, ont été incarcérés parce qu’ils n’étaient pas
d’accord avec cette décision.
Relations tendues entre l’Eglise uniate et le gouvernement
Avant la fête nationale du 1er décembre, Mgr Todea, archevêque d’Alba
Julia et Fagaras, avait posé un ultimatum au président roumain Ion Iliescu
pour que soient restituées à l’Eglise gréco-catholique - reconnue officiellement par les autorités depuis le début de l’année - cinq cathédrales et
72 autres églises qui étaient devenues propriété de l’Eglise orthodoxe en
1948. Si le gouvernement, contrairement à ses propres déclarations, reportait cette restitution, il a fait savoir au chef de l’Etat qu’il ne participerait pas aux célébrations à Alba Julia. Puisqu’Iliescu a refusé d’accéder à la demande de l’Eglise uniate, celle-ci s’est contentée de déposer
une couronne. Ce geste a été accompli par l’évêque de Cluj, Mgr George
Gutiu.
En accord avec l’Eglise uniate, l’évêque catholique romain de Bucarest,
Ioan Robu a envoyé un seul représentant aux festivités. L’Eglise orthodoxe,
quant à elle, y était représentée par le patriarche Teoctist accompagné de
plusieurs évêques. (apic/kpr/eg/cor)