Roumanie: les relations catholiques-orthodoxes au plus bas (230591)
Bucarest, 23mai(APIC) Les relations entre catholiques et orthodoxes en
Roumanie ont désormais atteint leur niveau le plus bas depuis la chute de
Ceaucescu. Le patriarche orthodoxe Teoctist de Bucarest vient en effet de
lancer un appel à interrompre tout dialogue oecuménique avec les catholiques pour la durée du pontificat de Jean Paul II. Le pape actuel est accusé
de favoriser dans toute l’Europe de l’Est le développement de la foi catholique au détriment de l’Eglise orthodoxe, en soutenant notamment les
revendications des uniates.
Cet appel de Mgr Teoctist à toutes les Eglises orthodoxes soeurs a été
provoqué par l’occupation pacifique, le dimanche de la Pentecôte, de la
cathédrale de Blaj par les gréco-catholiques. Cette église de Transylvanie,
aujourd’hui aux mains des orthodoxes, a été durant des siècles le centre
spirituel des uniates, intégrés de force au patriarcat orthodoxe de Bucarest en 1948.
Depuis leur légalisation, il y a plus d’un an, les catholiques de rite
byzantin (uniates) doivent toujours lutter pour retrouver leurs églises
tombées aux mains des orthodoxes lors de la période stalinienne. Bénéficiant du soutien du gouvernement Iliescu, le patriarcat de Bucarest ne veut
les rendre qu’après l’organisation d’un référendum dans les paroisses concernées, estimant que les catholiques roumains de rite oriental sont entretemps devenus orthodoxes et veulent le rester. Les gréco-catholiques pour
leur part veulent la restitution de tous les biens qu’ils possédaient avant
leur dissolution. Ils sont encore obligés d’organiser leurs célébrations
religieuses en plein air ou dans des appartements privés.
Mgr Ioan Robu, archevêque catholique-romain (de rite latin) de Bucarest,
a exprimé sa tristesse et sa consternation devant cet appel du patriarche
Teoctist, dont le ton est qualifié de "non ecclésial et militaire". Plusieurs journaux roumains ont exprimé leur étonnement devant le ton combatif
utilisé contre les catholiques par Mgr Teoctist, un ton qu’il n’a jamais
daigné utiliser du temps de la dictature de Ceaucescu, notamment quand il
aurait fallu protester contre la démolition d’édifices religieux de grande
valeur. (apic/kpr/be)