Roumanie : Le président Iliescu intervient dans (100490)
Bucarest, 10avril(APIC) Le président du gouvernement provisoire roumain
Ion Iliescu est intervenu à son tour pour tenter de régler le problème de
la restitution des biens ecclésiastiques uniates attribués aux orthodoxes
lors de l’interdiction de l’Eglise gréco-catholique (uniate) en 1948.
Lundi, au cours d’une rencontre à Bucarest qui a duré sept heures en
présence de représentants des Eglises uniate et orthodoxe, Ion Iliescu a
obtenu des gréco-catholiques un compromis dans le but de mettre fin à la
polémique et pour que le dialogue entre ces deux Eglises de rite byzantin
puisse reprendre, annonce mardi l’agence de presse roumaine "Rompress".
Les deux Eglises doivent ainsi mettre sur pied des commissions pour régler, "de cas en cas", les modalités de restitution des églises aux uniates,
intégrés de force dans l’Eglise orthodoxe durant la période stalinienne.
Les orthodoxes refusent la restitution complète des quelque 1’800 églises
qui devraient revenir aux gréco-catholiques, dont l’existence est à nouveau
légale depuis un décret du 31 décembre 1989.
L’accord prévoit d’abord la restitution des biens qui ont été pris par
l’Etat et qui sont toujours en possession de l’Etat, mais les biens paroissiaux en ont été exclus, "car ils ne sont plus en possession de l’Etat".
Mais tenant compte du manque de lieux de culte, l’Etat s’est engagé à bâtir
de nouvelles églises, peut-on lire dans la déclaration tripartite rendue
publique mardi. Les observateurs notent qu’ainsi l’Etat accepte le principe
d’un dédommagement financier des pertes subies. Les deux Eglises s’engagent
également à mettre un terme à leur querelle.
Protestations contre le retour du patriarche Teoctist
Le retour la semaine dernière du patriarche Teoctist Arapas à la tête de
l’Eglise orthodoxe de Roumanie, après avoir démissionné le 18 janvier, suscite toujours des réactions mitigées dans la population et parmi les fidèles. Accusé d’avoir "collaboré" avec la dictature de Ceausescu, il s’était
retiré officiellement "pour raison d’âge" le 18 janvier. Les séminaristes
de la Faculté théologique de Bucarest ont voté, par 264 voix contre 10, une
résolution protestant contre ce retour.
Plusieurs centaine de fidèles ont également manifesté leur désapprobation dimanche. Le quotidien indépendant "Romania Libera" a publié un appel
adressé au Saint-Synode signé par 140 intellectuels de renom - dont le ministre de l’éducation Mihai Sora et le ministre de la culture Andrei Plesu
- exprimant "l’inquiétude et l’indignation" que la direction de l’Eglise se
refuse à un "nettoyage moral" de l’Eglise orthodoxe. Le P. Emanuel Cosmovici, directeur de la Caritas de Bucarest, y voit un "signe de faiblesse" et
le danger de futurs conflits entre les Eglises orthodoxe et catholique.
(apic/kpr/kna/be)