patriarche Teoctist "démissionnaire pour raison d’âge" ?
Quand la situation se sera décantée, affirme l’évêque de Timisoara
Genève/Timisoara, 4avril(APIC) Le patriarche Teoctist, "démissionnaire
pour raison d’âge" depuis le 18 janvier dernier, pourrait bien être rappelé
à la tête de l’Eglise orthodoxe roumaine, "quand la situation se sera décantée", a déclaré Mgr Daniel Lugojanu, nouvel évêque auxiliaire orthodoxe
de Timisoara, qui participait la semaine dernière aux travaux du Comité
central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève.
Dans une interview accordée à l’agence APIC, l’auxiliaire du métropolite
du Banat réfute les accusations de "collaboration avec le régime de Ceausescu" lancées contre le patriarche Teoctist, et qui seraient les vraies
raisons de sa démission acceptée le 18 janvier dernier lors d’une séance
extraordinaire du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe roumaine.
Evoquant les prises de position "diplomatiques" du patriarche louant le
régime dictatorial de Nicolae Ceausescu et parlant de la liberté religieuse
régnant en Roumanie, Mgr Daniel affirme qu’il s’agissait d’un "langage diplomatique imposé" et qu’il peut citer "des centaines de cas de positions
pareilles du Vatican". Ainsi, souligne-t-il, il y a le cas de Mgr Ioan Robu, administrateur apostolique de Bucarest : "il a toujours dit à l’étranger que nous sommes libres; il a reconnu qu’il a été obligé de le dire et
le pape ne l’a pas déposé, il vient même de le nommer archevêque de Bucarest !". "Vous voyez bien que le Vatican, qui est habitué au langage diplomatique, comprend mieux la situation", lance-t-il.
Quant au sort du patriarche orthodoxe démissionnaire, Mgr Daniel pense
qu’il va être rappelé, "car il a dû se retirer pour des raisons politiques,
car il a fait un certain bruit, mais le peuple maintenant veut avoir le patriarche..." "Il n’a fait que signer quelques télégrammes que tout le monde
était obligé de signer", relève-t-il, en faisant allusion au télégramme de
soutien à Ceausescu après les massacres de Timisoara des 16 et 17 décembre.
Dans le nouveau régime démocratique, souligne Mgr Daniel, pourquoi ne
lui donnerait-on pas au moins la chance de s’expliquer. "Nous n’avons pas
l’obsession du pouvoir, c’est pourquoi le patriarche a dit qu’il ne voulait
pas donner l’impression de s’accrocher à son trône; il a déclaré qu’il se
retirait pour le bien de l’Eglise... mais lorsqu’il y aura la paix, il reviendra ! Il va revenir, car il y a un grand mouvement, des pétitions, pour
le rappeler." (apic/be)