Accusé de "collaboration" avec Ceausescu, peut-être réélu après Pâques
Bucarest, 5avril(APIC) Le patriarche Teoctist, "démissionnaire pour raison d’âge" depuis le 18 janvier dernier, va certainement être rappelé à la
tête de l’Eglise orthodoxe roumaine. Le Saint-Synode, réuni mercredi à Bucarest pour repourvoir le siège patriarcal vacant, a en effet considéré
comme une solution possible la réélection du patriarche Teoctist, qui a
quitté ses fonctions alors qu’il était accusé d’avoir "collaboré" avec le
régime Ceausescu.
Cette élection n’aura cependant lieu qu’après Pâques. Pour justifier ce
choix délicat, le Saint-Synode a révélé que de nombreux fidèles ont exprimé
le voeu que Mgr Teoctist reprenne ses fonctions. Même des communautés
roumaines orthodoxes de l’étranger ont envoyé des télégrammes de soutien au
patriarche, âgé aujourd’hui de 74 ans.
Le nouvel évêque auxiliaire orthodoxe de Timisoara, Mgr Daniel Lugojanu,
qui participait la semaine dernière aux travaux du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, avait révélé en exclusivité à
l’agence APIC que le patriarche Teoctist serait rappelé "quand la situation
se sera décantée", estimant que son départ était motivé par des raisons politiques.
Ce sont les prises de position "diplomatiques" du patriarche louant le
régime dictatorial de Nicolae Ceausescu et parlant de la liberté religieuse
régnant en Roumanie, ainsi que le télégramme de soutien à Ceausescu après
les massacres de Timisoara des 16 et 17 décembre qui avaient suscité la colère des orthodoxes militants - prêtres et laïcs - opposés au régime Ceausescu. Le fait que le patriarche Teoctist ait salué la chute du tyran "comme
un miracle de Dieu" ne l’a pas aidé, ses adversaires le qualifiant d’opportuniste. Certains milieux ont même demandé la démission de l’ensemble
des treize évêques membres du Saint-Synode, accusés de compromission avec
l’ancien régime. (apic/kpr/be)