"Aider là où personne n’aide"
Romont, 21novembre(APIC) La progression de la pauvreté est visible chez
nous également et la devise de Caritas "Aider là où personne n’aide" reste
entièrement d’actualité. C’est à partir de ce constat que s’est tenue mercredi soir à Romont l’assemblée générale de Caritas Fribourg. Le bilan de
l’année écoulée, dressé par le directeur Max Hayoz, est positif malgré la
précarité des ressources financières qui pourrait menacer l’effectif du
personnel.
L’assemblée a élu par accalamation trois nouveaux membres du Comité. Il
s’agit de Fernand Beaud, de Fribourg, de Jeannette Bossy, de La Corbaz et
de Jean-Marie Baeriswyl, de Villars-sur-Glâne. La partie statutaire a été
suivie d’un exposé sur la nouvelle pauvreté de Madeleine Messerli de Caritas-Suisse et de Kerralie Oeuvray, du Service social de la ville de Fribourg. Le président sortant, Me Jacques Thiémard, a tout d’abord rappelé
l’esprit de l’oeuvre caritative catholique: "Aller à la rencontre de l’autre avec toute notre personne" et travailler "au service du maître qui est
notre prochain".
Les activités des cinq services ont été passées en revue par le directeur Max Hayoz qui a souligné combien il serait regrettable de devoir les
réduire faute de moyens financiers. Professionnels et bénévoles se dévouent
dans cinq domaines: le service social polyvalent, le service social des réfugiés, le travail à domicile, la boutique fairness-artisanat du tiers-monde, l’accompagnement des malades en fin de vie et Caritout, le supermarché
de l’occasion où travaillent des chômeurs en fin de droit.
Les comptes et le budget ont été approuvés sans discussion. Pour 1990
les comptes dont le volume global dépasse 2 millions de francs présentent
un bilan équilibré. Le budget 1992 prévoit par contre, un déficit de 58.600
francs . Le comité espère bien trouver des fonds supplémentaires pour couvrir le déficit, faute de quoi il faudra réduire le personnel.
L’abbé Jacques Banderet, vicaire épiscopal, a apporté ensuite les remerciements et les encouragements de l’évêque en rappellant cette maxime: "Est
plus riche celui qui donne que celui qui reçoit".
En clôture, les participants ont pu entendre un exposé de Madeleine Messerli de Caritas Suisse qui a défini la notion de nouvelle pauvreté et son
évolution actuelle, suivi d’une intervention de Kerralie Oeuvray du Service
social de la ville de Fribourg qui a décrit le développement récent de ces
situations de pauvreté dans la capitale. Toutes deux ont insisté sur la
honte que suscite la pauvreté et sur le respect de la dignité de la personne. (apic/mp)
Encadré
La situation de la pauvreté à Fribourg
Kerralie Oeuvray du service social de la ville de Fribourg a dressé le
tableau de la nouvelle pauvreté dans la capitale. Trois groupes de
personnes s’adressent aux services sociaux:
Les personnes âgées qui bénéficient de prestations sociales AVS-AI dont
le niveau est trop bas. En 1987 dans 85% des cas, la commune ne s’occupait
que de la gestion, sans verser de prestations. Aujourd’hui à cause du renchérissement du coût de la vie, des loyers et des frais de placement, le
nombre des cas d’assistance financière a déjà fortement augmenté.
Les familles mono-parentales qui ne bénéficient en général pas de prestations sociales se trouvent souvent en difficulté, essentiellement à cause
de la situation catastrophique du logement. 70% des garanties de loyer accordés par le service social concernent ce groupe de population. L’introduction par le Grand-Conseil de l’allocation maternité et l’augmentation
des allocations familiales permettent cependant de prévoior une légère amélioration l’année prochaine.
le troisième groupe est constitué par les chômeurs et les ouvriers non
qualifiés dont les revenus sont trop bas. On trouve dans cette catégorie de
nombreuses personnes licenciées après 50 ans.
Cette pauvreté touche d’abord les femmes. Elles sont par exemple 5 fois
plus nombreuses que les hommes à toucher les prestations complémentaires de
l’AVS. (apic/mp)