Le pape invite les Polonais à résister
à l’onde d’immoralité qui gagne le pays
Rome, 17janvier(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu vendredi un second
groupe d’évêques polonais. Après avoir, mardi, rendu attentif un premier
groupe d’évêques à "une grave crise du couple et de la famille", il a cette
fois invité l’Eglise à continuer à jouer son rôle au sein d’une société polonaise de plus en plus en proie à l’immoralité
Rappelant le profond enracinement de l’Eglise en Pologne dans la vie de
ce pays, qui lui a permis d’être pendant quarante années de totalitarisme
"le porte-parole et le défenseur de la souveraineté nationale" et "l’unique
espace de liberté, et pas seulement pour les catholiques", le pape a poursuivi: "Il est nécessaire de rappeler constamment que la liberté perçue
comme arbitraire, séparée de la vérité et du bien, la liberté séparée des
commandements de Dieu, devient une menace pour l’homme et porte l’esclavage, se retournant contre l’individu et contre la société".
"La liberté n’est pas un relativisme moral, a observé le pape, mais se
fonde sur des critères moraux clairs et transparents. Les Polonais doivent
être aujourd’hui forts intérieurement pour résister à l’onde d’immoralité
qui les touche de divers côtés sous l’apparence de la modernité et de la
libération". Ce qu’on appelle "l’entrée dans l’Europe" ne peut être accompli "au prix du renoncement aux lois de la stricte conscience, au nom d’une
perverse tolérance et d’un pluralisme déformant". Et c’est le rôle de
l’Eglise de rappeler que "les seules lois du libre marché ne suffisent pas,
mais au contraire se retournent contre l’homme quand elles oublient les devoirs moraux, plus importants que les lois de l’économie".
Jean Paul II, situant ce rôle de l’Eglise, a relevé: "L’Eglise n’est pas
un parti politique, ni ne s’identifie avec quelque parti politique, mais se
trouve au-dessus des partis, ouverte à tous les hommes de bonne volonté.
Et aucun parti politique ne peut s’arroger le droit de la représenter". Le
pape a en outre invité les catholiques à être présents sur la scène politique. Selon lui, "les divers reproches faits à la politique ne justifient
pas le scepticisme et l’absence des catholiques dans les affaires publiques, car on traite de leurs droits et aussi de leurs devoirs de conscience".
Jean Paul II a admis que "la vie politique se nourrit de sa propre autonomie", mais celle-ci, a-t-il dit, "n’a pas à être interprétée comme une
indépendance à l’égard des principes moraux, parce qu’une politique privée
de sains principes éthiques porte inévitablement à la dégradation de la vie
sociale, à la violation de la dignité et des droits de la personne humaine".
Le pape a enfin souhaité qu’on restitue à la politique une image de service. "Une politique digne de ce nom offre un authentique service à l’homme
et à la société, et ne devient pas une lutte acharnée pour le pouvoir ou
une recherche égoïste d’intérêts particuliers". (apic/cip/pr)