Rome: Vif hommage de Jean-Paul II à Maurice Blondel (120393)
Rome, 12mars(APIC) Jean Paul II a tenu à s’associer à l’hommage fait à
Maurice Blondel à l’occasion du centenaire de la publication "L’Action",
une de ses oeuvres majeures. Il le fait en envoyant un message adressé à
Mgr Bernard Panafieu, archevêque d’Aix-en-Provence, la ville dans laquelle
se tient durant trois jours un congrès consacré au philosophe français. Le
pape le donne exemple : "Maurice Blondel, dans sa pensée et dans sa vie, a
su faire coexister la critique la plus rigoureuse et la recherche philosophique la plus courageuse avec le catholicisme le plus authentique, en puisant aux sources de la tradition dogmatique, pratristique et mystique".
Outre le message de Jean Paul II, la présence au congrès d’Aix-en-Provence de Mgr Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture,
montre aussi l’importance qu’accorde l’Eglise à la pensée de Maurice Blondel (1861-1949) dans la vie philosophique et théologique contemporaine.
Dans son message, le pape souligne l’importance de la contribution du
philosophe français: "Dans un monde où s’accroissent le relativisme et le
scientisme, la thèse blondélienne est précieuse par sa recherche d’unification de l’être et par son souci de la paix intellectuelle. Elle est le discours d’un croyant adressé aux incroyants, le discours d’un philosophe sur
ce qui dépasse la philosophie".
En faisant mémoire de l’oeuvre, Jean Paul II entend honorer surtout son
auteur, qui au moment de la crise moderniste en France, a vécu "cette double fidélité à certaines exigences de la pensée philosophique moderne et au
magistère de l’Eglise. Un mérite d’autant plus grand, insiste Jean Paul II,
que "cela n’alla pas sans incompréhention ni souffrance, en un temps où
l’Eglise se trouvait face à la crise moderniste, dont Blondel avait été
pourtant un des premiers à discener les enjeux et les erreurs".
"Maurice Blondel qui persévera en clarifiant inlassablement et obstinément sa pensée sans en renier l’inspiration", reste donc un modèle pour les
philosophes. "C’est ce courage de penseur, allié à une fidélité et un amour
indéfectible envers l’Eglise, que les philosophes et les théologiens actuels qui étudient l’oeuvre blondélienne ont à apprendre de ce grand maître",
écrit encore le pape.
Jean Paul II conclut sa lettre en mettant en exergue le rôle du philosophe dont le travail est indispensable au théologien: "L’Eglise, aujourd’hui
comme toujours, a besoin de philosophes qui ne craignent pas d’aborder les
questions décisives de la vie humaine, de la vie morale et de la vie spirituelle, pour préparer l’adhésion et le témoignage de la foi, principe d’action, pour rendre compte de l’espérance et pour ouvrir à l’exercice de la
charité. Et l’Eglise a besoin de théologiens qui s’appuyant sur une solide
démarche philosophique, soient capables d’exprimer le donné révélé pour
éclairer les fidèles comme les non-croyants." (apic/cip/ba)