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    Les coupables devront rendre des comptes

    Rome: vibrant appel du pape pour les Balkans (120194)

    Jean Paul II favorable à l’ingérence humanitaire

    Rome, 12janvier(APIC) L’intervention humanitaire embrasse "toute action

    dont le but est de désarmer l’agresseur", a expliqué le pape à l’audience

    générale du mercredi. C’est, a-t-il dit, un principe qui s’applique à merveille aux Balkans, car, même si l’enseignement moral de l’Eglise "juge

    mauvaise, du point de vue éthique, toute agression militaire, elle affirme

    que la défense légitime est admissible et quelquefois requise".

    Jean-Paul II a voulu souligner devant l’opinion internationale l’ampleur

    de l’ingérence humanitaire tant de fois évoquée par le Saint-Siège.

    Evoquant les fantômes de son expérience personnelle de la seconde guerre

    mondiale, le pape s’est élevé contre le retour des idées d’espace vital, de

    nation élue, de supériorité raciale ou de classe privilégiée. Il repousse

    le "principe de l’obéissance aux ordres ou à des idéologies" pour justifier

    des actions contrevenant aux droits de l’homme.

    Nuremberg

    Faisant clairement allusion au procès de Nuremnberg, Jean-Paul II constate que, tandis qu’en Occident les responsables des crimes de guerre ont

    été jugés°..., en Europe de l’Est on a souvent dû attendre 1989" pour voir

    condamner une partie au moins des "responsables des atteintes aux droits de

    l’homme". "Ce sont, a ajouté le pape, des réflexions qu’on fait spontanément face à la situation dans les Balkans".

    Et Jean-Paul II de poser la question: "Peut-on vraiment affirmer que les

    personnes et les milieux responsables des événements tragiques de l’ex-Yougoslavie ne savent pas ce qu’ils font?" Sa réponse est désabusée: "Non, ils

    ne peuvent pas ne pas le savoir. Peut-être cherchent-ils des justifications

    à ce qu’ils font."

    Juger et pardonner

    En toile de fond, la récente rencontre au Vatican sur la situation dans

    les Balkans, qui "a permis une perception plus profonde des causes, de la

    réalité et des conséquences de ce conflit sanglant", avec un non-dit: la

    crainte que les combats ne finissent par déferler sur toute la région, en

    impliquant la Turquie, qui se sent appelée à défendre les musulmans, voire

    la Grèce, qui craint les répercussions sur la Macédoine.

    Le volet chrétien n’y est pas absent: "Le Christ, a poursuivi le pape,

    continue de mourir" aux Balkans, "dans les hommes et les femmes, dans les

    enfants, dans les jeunes et les vieillards".

    Le pape a souligné "l’exigence de déférer en justice les coupables". Même si, comme le Christ sur la croix, il faut être prêts à pardonner, a-t-il

    enchaîné. Le pardon est une exigence qui s’impose "à l’Eglise, aux milieux

    oecuméniques qui portent vraiment dans leur coeur la cause de l’unité des

    chrétiens, aux défenseurs des droits de l’homme". Il s’agit "non d’une indulgence superficielle devant le mal, mais d’un effort sincère d’impartialité et de compréhension nécessaire face à ceux qui ont agi en étant mus

    par une conscience erronée".

    Pour certains, "la crédibilité des chrétiens en prend un coup, car ils

    ont cédé à des pressions idéologiques". Il faut, réagit le pape, revenir au

    Christ. "Sans lui, il est impossible de résoudre des problèmes qui deviennent toujours plus compliqués". Mais il faut le faire dans la prière, "surtout accompagnée par le sacrifice et la souffrance".

    A côté de l’appel lancé à l’occasion de la Journée mondiale de la Paix,

    il s’agit à présent, a conclu Jean Paul II, de se préparer à la Journée de

    prière fixée au 23 janvier. "Rien n’est impossible à Dieu", a-t-il insisté.

    C’est pourquoi il faut garder "le sentiment que la paix dans les Balkans

    est possible", grâce à "la conversion, capable de transformer la haine en

    amour et la guerre en paix". (apic/sv/pr)

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