Rome: vers l’ouverture de relations (290792)
Rome, 29juillet(APIC) "Le Saint-Siège et l’Etat d’Israël, dans le but
d’étudier et de définir ensemble les thèmes d’intérêts réciproques, et en
vue d’arriver à une normalisation de leurs rapports, ont décidé de constituer une Commission de travail bilatérale permanente qui se réunira périodiquement", lit-on dans un communiqué officiel diffusé mercredi par le Vatican. Une réunion à haut niveau s’est tenue mercredi matin au Vatican. La
délégation du Saint-Siège était dirigée par Mgr Claudio Maria Celli, Soussecrétaire pour les rapports avec les Etats. Celle d’Israël était menée par
Yosef Hadass, directeur général du Ministère des Affaires étrangères.
Le porte parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls a détaillé lors d’une
conférence de presse le contenu du communiqué. Il a expliqué que la rencontre du matin au Vatican avait quatre objectifs: la constitution de la Commission elle-même; l’établissement d’une liste des problèmes bilatéraux
avec une attention particulière à la situation de l’Eglise catholique et de
ses institutions en Israël et dans les territoires occupés; la mise sur
pied d’une méthode de travail et enfin la rédaction du communiqué.
L’initiative actuelle ne doit pas être liée au changement de gouvernement en Israël, a précisé Joaquin Navarro-Valls. Le processus était déjà en
cours sous le gouvernement Shamir. Il a rappelé en outre que le Saint-Siège
a depuis 1948 un délégué apostolique à Jérusalem. L’actuel délégué, Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, qui est également membre de la délégation du Saint-Siège, a eu ces derniers temps divers contacts avec les autorités israéliennes.
Ces négociations ne veulent pas du tout interférer dans le processus de
paix au Moyen-Orient, a ajouté le directeur de la Salle de presse. L’établissement de relations diplomatiques n’est pas une finalité en soi, mais
le point final d’un processus qui garantit la pleine liberté pour l’Eglise
dans le pays avec lequel on instaure ces relations. Ce critère a notamment
été adopté lors de l’établissement de relations diplomatiques avec la Pologne et la Tchécoslovaquie, a expliqué Joaquin Navarro-Valls.
Le porte-parole du Vatican a souligné que les "perplexités et les réserves" formulées dans le passé sur des problèmes tels que le statut de Jérusalem et la situation des Palestiniens restent. A propos du temps nécessaire pour arriver à la normalisation des relations, il a indiqué qu’il était
prématuré de se prononcer sur des délais. La date de la prochaine rencontre
n’a pas encore été fixée. Elle pourrait avoir lieu à Jérusalem ou ailleurs.
Le Saint-Siège n’attend pas de réactions négatives des pays arabes et
des Palestiniens, étant donné qu’eux aussi se sont mis à la table des négociations avec les autorités israéliennes.
Le 25 janvier 1991, après les bombardements sur Israël lors de la guerre
du Golfe, Joaquin Navarro-Valls avait fait une longue déclaration sur les
relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Israël. Il avait affirmé
entre autres que "le fait qu’il n’existe pas de rapports diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël, n’implique pas que le Saint-Siège ne
reconnaît pas l’Etat d’Israël". Le Vatican n’a jamais mis en discussion
l’existence de l’Etat d’Israël après sa proclamation d’indépendance, avaitil ajouté. (apic/jt/mp)