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    Le pape célébrera la messe de la fête de l’Ascension en rite mozarabe

    Rome: une première à la basilique Saint-Pierre (210592)

    Rome, 21mai(APIC) Jeudi 28 mai, fête de l’Ascension, Jean Paul II célébrera à 10 h. dans la basilique Saint-Pierre, une messe en rite mozarabe.

    Ce sera la première fois qu’un pape célébrera une messe dans ce rite. Pourtant, lors du Concile Vatican II, Mgr Anastasio Granados, l’archevêque de

    Tolède d’alors, avait déjà présidé une telle célébration dans la basilique

    vaticane.

    Cette messe de l’Ascension aura lieu six mois après l’approbation par le

    Saint-Siège du nouveau missel de rite mozarabe, présenté à Madrid en décembre dernier par l’archevêque de Tolède, le cardinal Marcelo Gonzalez Martin.

    Le rite mozarabe est né dans l’Espagne mauresque, quand les chrétiens

    restèrent fidèles à leur religion sous la domination musulmane (VIIIe-XIe

    siècles), mais en adoptant la langue et les coutumes arabes. Cette liturgie

    était déjà utilisée à l’époque où l’Espagne était une province romaine.

    C’est pourquoi on parle aussi de liturgie hispano-romaine, ainsi qu’à

    l’époque des Visigoths (dont Tolède fut la capitale) - raison pour laquelle

    on l’appelle encore liturgie hispano-wisigothique.

    Au XIe siècle, quand le pape Grégoire VII décida d’élargir le rite romain à l’ensemble de la chrétienté européenne, le rite mozarabe disparut

    pratiquement de la péninsule ibérique, ne subsistant que dans les seuls

    territoires occupés par les musulmans. C’est à cette époque qu’il fut appelé rite mozarabe. Quand, en 1085, Alphonse VI de Castille reconquit Tolède,

    on adopta une solution de compromis: le rite fut conservé dans six paroisses de la ville assignées aux chrétiens qui y habitaient avant la reconquête. Le nombre des fidèles déclina pourtant rapidement. Au XVIe siècle deux

    paroisses n’avaient plus de fidèles; de nombreux autres allèrent s’établir

    en dehors de la ville. Tous restaient soumis à l’autorité pastorale de

    l’archevêque de Tolède, considéré aujourd’hui comme gardien du rite.

    Aujourd’hui susbsite à Tolède une petite communauté mozarabe. On estime

    par ailleurs à un millier le nombre de familles mozarabes disséminées à

    travers le monde.

    En comparaison avec la liturgie romaine, le rite mozarabe implique davantage le peuple des fidèles, qui est ainsi plus sensible à l’esthétique

    liturgique.

    Le missel mozarabe est particulièrement indiqué lors de la commémoration

    des grands saints wisigothiques: Léandre (+ 596), évêque de Séville qui

    vainquit l’hérésie arienne et contribua ainsi à la conversion de l’Espagne;

    Isidore de Séville (+ 636), l’un des grands théologiens des débuts du Moyen-Age et docteur de l’Eglise; Ildefonse (+ 667), évêque de Tolède; Eulalie

    de Merida, morte martyre à Barcelone (+ 304). (apic/cip/ ba)

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