Rome: une Commission permanente pour promouvoir (210791)
Rome, 21juillet(APIC) Jean Paul II a institué auprès de la Congrégation
pour l’éducation catholique une Commission permanente composée de représentants de différents dicastères du Vatican, qu’il charge de "promouvoir une
distribution plus équitable des prêtres dans le monde".
La nouvelle Commission sera présidée par le préfet de la Congrégation
pour l’éducation catholique, le cardinal Pio Laghi. Elle réunira les secrétaires des Congrégations pour l’évangélisation des peuples, pour le clergé,
pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et
pour l’éducation catholique ainsi que le vice-président de la Commission
pontificale pour l’Amérique latine.
Des inégalités criantes
Le problème de l’inégale distribution des prêtres dans le monde avait
déjà été signalé par le pape en mars dernier dans sa traditionnelle lettre
aux prêtres du Jeudi Saint. En présentant le document, le cardinal Laghi
avait fourni quelques statistiques sur cette question, "angoissante" dans
certains points du globe.
C’est le cas en Amérique latine, un continent où vivent 378 millions de
catholiques, soit 42% du total des catholiques dans le monde. Ils disposent
de 52’000 prêtres seulement, soit 13% du clergé mondial. En comparaison,
les catholiques d’Europe et d’Amérique du Nord, qui représentent 38% des
catholiques dans le monde, peuvent compter sur 294’000 prêtres, soit 73% du
clergé mondial. Dans le diocèse d’Ileus, au Brésil, la proportion est d’un
prêtre pour 44’000 catholiques; à Malte, par contre, il y a un prêtre pour
337 catholiques, en Irlande un pour 719 catholiques, en Italie un pour 940.
De nouveaux "missionnaires diocésains"
Jean Paul II a évoqué le problème dans sa dernière lettre aux prêtres
suite au Synode des évêques de 1990 consacré à "La formation des prêtres
dans les circonstances actuelles". Certains évêques avaient proposé à
l’époque que soient envisagées une révision de l’obligation du célibat pour
les prêtres et l’ordination d’hommes mariés "éprouvés" (viri probati).
De telles solutions avaient été écartées par le pape dans son discours
final: il estimait qu’il était possible de trouver une solution par d’autres moyens. Jean Paul II avait déjà décidé à l’époque l’institution d’un
groupe de travail interdicastère.
Ce groupe de travail avait proposé une intervention d’urgence, le transfert de prêtres des diocèses les mieux pourvus vers ceux où la pénurie est
la plus criante; une intervention à plus long terme, qui prend le problème
à la racine: intensifier la pastorale des vocations et ouvrir de nouveaux
et "meilleurs" séminaires, notamment dans des pays comme l’Italie, l’Espagne, la Pologne ou l’Irlande, où les vocations sont les plus nombreuses, en
y dispensant une formation en vue d’une "nouvelle évangélisation" pour mettre à la disposition de l’Eglise catholique de nouveaux "missionnaires diocésains". (apic/jt/cip/cor)