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    Les représentants orthodoxes de Moscou boycottent la rencontre

    Rome: Théologiens catholiques et orthodoxes débattent à huis clos de la primauté du pape

    Rome, 20 mai 2003 (Apic) Une vingtaine de théologiens catholiques et orthodoxes se retrouveront à huis clos au Vatican du 21 au 24 mai 2003, pour débattre autour du thème de la primauté du pape. Tensions entre le Vatican et Moscou obligent, les deux théologiens orthodoxes russes, qui avaient été désignés par le patriarcat de Moscou, ont annulé leur participation au dernier moment. Les violentes critiques de ce même patriarcat émise lundi après l’érection de deux diocèse au Kazakhstan sont sans doute pour beaucoup de ce qui ressemble fort à un boycott.

    Cette rencontre internationale se tiendra au siège du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, à quelques pas de la Place Saint-Pierre. Elle est organisée par le cardinal allemand Walter Kasper, président du dicastère, dans le but de débattre autour de la primauté du pape. Le symposium académique tentera ainsi, pour la première fois de manière officielle au Vatican, d’analyser les aspects bibliques, patristiques et historiques du sujet.

    "Il s’agit d’une rencontre entre professionnels", a récemment affirmé le cardinal Kasper à l’un des participants. Pour le prélat, "aucune proposition concrète n’est à attendre". "Cette rencontre veut être une contribution au dialogue oecuménique".

    Des théologiens catholiques et orthodoxes viendront du monde entier. Côté catholique, on remarque notamment la présence du théologien allemand Hermann Joseph Pottmeyer, du théologien français Roland Minnerath, ou encore du Père Dimitri Salachas, membre de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe.

    Les "grands absents"

    Côté orthodoxe, de nombreux patriarcats ont envoyé un ou deux représentants, dont ceux de Constantinople, de Grèce, de Serbie et Monténégro, ou encore de Bulgarie. Seront également présents, notamment, le théologien grec Vlassios Phidas, le métropolite Atanasie de Serbie, ainsi que le métropolite Dometian de Bulgarie. La grande absente de ce symposium sera toutefois la Russie, dont le patriarcat orthodoxe a refusé l’invitation au dernier moment.

    Deux théologiens avaient été nommés depuis déjà plusieurs semaines, mais on constate sobrement, au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qu’"ils ont finalement décidé de ne pas venir". Sans s’étendre sur les raisons d’un tel refus, les membres du dicastère ne cachent cependant pas leur déception.

    Mais au Vatican, on fait un lien direct entre ce refus et la récente création de deux diocèses catholiques dans l’ex-République soviétique du Kazakhstan. Le 19 mai, le patriarche de Moscou Alexis II - dont dépendent la majorité des orthodoxes du Kazakhstan -, a durement réagi à cette décision. Dans un communiqué, il affirme que ce geste a "définitivement confirmé le refus des actuels chefs du Vatican" de continuer le dialogue. Cette démarche "est un nouveau coup sérieux porté à l’ensemble des relations entre orthodoxes et catholiques".

    Repenser la manière

    Le thème de l’exercice du pouvoir du pape est l’un des principaux obstacles au dialogue oecuménique, en particulier depuis que le Concile Vatican I (1870) a proclamé l’infaillibilité au rang de dogme. Au Vatican, même si on rappelle que celle-ci ne peut donc être remise en question, on précise toutefois la possibilité, voire même la nécessité de "repenser la manière de l’appliquer". (apic/imedia/pr)

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