Rome : table ronde sur l’évolution religieuse en URSS (061289)
Rome,6décembre(APIC) "La religion peut être un facteur très important
dans le nouveau cours de la société soviétique" a déclaré le métropolite
russe orthodoxe Pitirim lors d’une table ronde sur l’évolution religieuse
en URSS. Celle-ci s’est tenue à Rome au lendemain de la visite du chef de
l’Etat soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, au Vatican. Elle a mis en relief les
difficultés que rencontre encore l’Eglise en URSS : le vice-président de
l’agence TASS a reconnu que dans la pratique les chrétiens étaient encore
trop souvent considérés comme des citoyens de seconde zone.
La discussion a rassemblé autour du métropolite Pitirim l’abbé Alfonsas
Svarinkas, un prêtre catholique lituanien libéré il y a un an après 21 ans
de camp, et le vice-directeur de l’agence TASS, M. Krassikov. Le métropolite Pitirim a exprimé l’espoir de l’Eglise en URSS, affirmant : "Nous attendons beaucoup de la prochaine loi sur la liberté religieuse qui donnera une
plus grande liberté d’action à ceux qui professent une foi".
Alfonsas Svarinkas s’est montré moins optimiste. Il a relevé que l’Occident ignore ce qui se vit en URSS : traçant un tableau de la situation religieuse concrète, il a affirmé que trois ou quatre églises seulement ont
été cédées par l’Etat, les autres restant fermées au culte. Il a témoigné
de la difficulté de s’exprimer par la presse : si les autorités ont permis
pour la première fois la publication d’un journal religieux avec un tirage
de 200’000 exemplaires, elles ont rationné le papier et n’en ont donné que
pour 20’000 exemplaires. "Nous avons un seul espoir : Dieu, et la dure leçon infligée au régime soviétique par la faillite économique" a-t-il ajouté.
Le vice-directeur de l’agence TASS, M. Krassikov, a reconnu qu’en pratique beaucoup de croyants en Union soviétique sont encore traités comme des
citoyens de seconde zone, bien que Mikhaïl Gorbatchev ait à plusieurs reprises confirmé qu’ils doivent être considérés comme des citoyens à part
entière, c’est-à-dire disposant des mêmes droits que les autres. "Mais les
décisions de principe sont une chose, a-t-il expliqué, autre chose est
l’opinion publique, qui doit être développée et doit avoir plus de culture
politique et sociale". Il a ajouté en conclusion : "Cela demandera probablement du temps, mais je pense quand même que le développement et l’évolution dans ce domaine est déjà irréversible." (apic/cip/jt/cor)