Rome: Synode sur l’Europe
a fait quelques vagues parmi les évêques présents au Synode
Rome, 11décembre(APIC) "Ne serait-il pas opportun d’ôter aux parents le
poids de la distinction entre formes naturelles et formes artificielles du
contrôle des naissances?" Cette question "brûlante" de la contraception,
mentionnée parmi les six points critiques soulevés la semaine dernière devant l’Assemblée du Synode par Mgr Norbert Werbs, évêque auxiliaire de
Schwerin, en ex-RDA, a provoqué quelques remous parmi les évêques présents
à Rome.
Un évêque allemand resté anonyme aurait déclaré après l’intervention
dérangeante: "la terre s’est presque dérobée sous mes pieds". Les autres
évêques participant au Synode ont réagi très différemment dumoins lors
d’une conférence de presse avec les journalistes allemands. Il est apparu
manisfestement que Mgr Werbs n’avait parlé avec aucun autre évêque allemand
du contenu de son intervention. Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence, a
expliqué que lorsqu’il avait demandé durant le petit déjeuner, à Mgr Werbs
de quoi il allait parler, celui-ci lui avait répondu :"de choses qu’on
n’aime guère entendre dans l’Eglise"
Mgr Norbert Werbs s’est tout de suite rendu compte du caractère explosif
de son intervention d’après le silence consterné qui l’a suivie, alors que,
des applaudissements nourris avaient salué les discours des évêques de
l’Est.
A vrai dire, il est arrivé malheureusement que l’intervention de Mgr
Werbs a suivi sans transition les rapports concernant la souffrance des
évêques de l’Est. L’ordre des interventions ne dépend pas des orateurs,
mais du sécrétaire général Mgr Schotte, responsable des questions de régie.
Mgr Werbs pense qu’une "atmosphère électrique" s’est installée pendant
son discours, notamment à cause des fautes dans la traduction simultanée,
ainsi "il est opportun" est devenu en italien "il est indispensable", ce
qui a donné un ton trop ferme à ses propos. Une pensée exprimée sous forme
de question est devenue faussement une revendication.
Mgr Werbs a expliqué lui-même aux journalistes qu’il n’avait pas de
réponse prête à cette question. Son intention était de de rendre attentif
les pères du Synode à cette question qui revient sans cesse dans la
pastorale. Il a parlé de la place de la femme dans l’Eglise parce qu’il
pense que la justication toujours reprise que les apôtres étaient des
hommes "n’est peut-être plus suffisante aujourd’hui".
Mgr Karl Lehmann, président de la conférence des évêques d’Allemagne, a
été loyal envers son confrère, il a estimé que chacun avait le droit de
dire ce qu’il voulait devant le Synode et qu’il n’y avait pas de censure.
Lui même aurait agit autrement, mais c’est un bon signe pour le synode que
ces questions puissent être discutées en présence du pape. A la question du
journaliste hollandais qui demandait si Mgr Werbs avait maintenant sa
carrière derrière lui, Mgr Lehmann a répondu qu’il n’avait certainement pas
fait cette intervention pour favoriser sa carrière.
Mgr Bernard Huhn, évêque de Görlitz a réagi plus durement. Certes son
confrère est un excellent théologien, mais son intervention consitait en
"six cargaisons énormes qu’on ne peut pas caser en huit minutes". Lui-même
n’aurait jamais agi comme cela. La question de la "charge" est toujours
présenté comme un reporche à l’Eglise, a critiqué Mgr Huhn .
Des questions sans réponses valent mieux que pas de question du tout
"Enfin il se passe quelque chose dans ce Synode, telle est l’opinion de
certains journalistes qui pensent que des questions sans réponses valent
toujours mieux que l’absence de questions dans ce domaine duquel l’Eglise
n’aime pas entendre parler. Mais quelques évêques ont froncé les sourcils à
propos de la dimension qu’a pris cette intervention dans les médias
internationaux. Si importante soit-elle, cette question ne doit pas réduire
le thème global du Synode sur la nouvelle évangélisation.(apic/gbr/mp)