Rome: Synode spécial sur l’Europe (021291)
Rome, 2décembre(APIC) Après une période glaciaire, l’Eglise catholique en
Russie connaît aujourd’hui le dégel: 70 ans après la Révolution d’Octobre,
la communauté catholique en Russie renaît lentement de ses cendres tel un
phénix. C’est en empruntant cette image que le nouvel archevêque de Moscou
Tadeusz Kondrusiewicz a esquissé, devant les évêques participant au Synode
spécial sur l’Europe, la situation de l’Eglise dans ce qui fut longtemps le
centre du communisme.
Avec la Révolution d’Octobre, les structures ecclésiales ont été détruites, des évêques et des prêtres ont été mis en prison ou dans des camps de
travail, des églises, des écoles catholiques ou des séminaires ont été fermés et des ordres religieux interdits. "Mais les croyants sont restés" et
l’Eglise lentement se réorganise: les 250.000 catholiques de cet immense
pays sont pris en charge pastoralement par 20 prêtres étrangers et organisés en 40 paroisses.
Caritas, un Centre d’information catholique et des Instituts pour la liturgie et les laïcs sont en train d’être mis sur pied. On attend par ailleurs le soutien de l’Ouest, notamment pour la construction d’églises, souligne Mgr Kondrusiewicz. "Les autorités actuelles se comportent formellement de façon correcte; elles promettent beaucoup, mais ne tiennent pas
toutes leurs promesses", a ajouté Mgr Kondrusiewicz.
Avec la liberté retrouvée, de nouveaux problèmes se posent à l’Eglise en
Union soviétique et dans les autres Etats du bloc de l’Est. Après les progrès oecuméniques de ces dernières années entre catholiques et orthodoxes
russes une nouvelle période de glaciation est apparue. Entre le Vatican et
le Patriarcat de Moscou, c’est presque le "silence radio".
La cause de ce refroidissement est entre autres le problème ukrainien.
L’Eglise ukrainienne unie à Rome, dissoute par Staline en 1946 et incorporée de force au Patriarcat de Moscou, exige, depuis sa relégalisation, de
retrouver ses droits et les bâtiments de cultes qui lui ont été confisqués.
Cette épreuve de force est loin d’être terminée. On s’indigne également du
côté orthodoxe russe de la politique menée par l’Eglise catholique en matière de personnel ecclésiastique. La nomination d’un administrateur apostolique à Moscou irrite les orthodoxes, et le fait qu’il soit d’origine polonaise attise encore davantage le sentiment national russe.
L’évêque Kondrusiewicz a profité du forum que représente le Synode pour
tendre la main au Patriarcat de Moscou dans le but de se réconcilier. Il a
rejeté les reproches selon lesquels l’Eglise catholique recruterait des fidèles appartenant à l’orthodoxie et mettrait sur pied des structures parallèles. A propos du reproche de prosélytisme, Mgr Kondrusiewicz précise que
"quand un Russe demande le baptême dans l’Eglise catholique, on ne peut pas
dire que nous faisons du prosélytisme". Il conclut que pour l’avenir, il
faut dans le dialogue plutôt rechercher ce qui unit que ce qui sépare.
(apic/cic/mp)