Le pape préside une célébration oecuménique avec "les délégués fraternels"
Rome, 8décembre(APIC) Le pape Jean Paul II a présidé samedi en fin
d’après-midi dans la basilique Saint-Pierre une célébration oecuménique de
prière à laquelle ont assisté les pères synodaux ainsi que "les délégués
fraternels", c’est-à-dire les représentants des Eglises chrétiennes non
catholiques d’Europe qui participent à l’Assemblée du Synode spécial des
évêques sur l’Europe.
"Dans une Europe en route vers l’unité politique, pourrions-nous admettre que l’Eglise du Christ soit un facteur de désunion et de discorde?",
s’est demandé le pape au cours de son homélie. "Ne serait-ce pas là un des
plus grand scandale de notre temps?". Jean Paul II a souligné que comme
croyant, nous sommes appelés à apporter notre contribution à la construction de l’Europe de l’an 2’000, de l’Europe de l’espérance. Il a insisté
sur l’urgence de la recherche oecuménique, en expliquant que pour faire face à la tâche missionnaire, il est indispensable que notre engagement apostolique se développe à partir d’une foi unique proclamée par des esprits
réconciliés.
Le pape a en outre relevé qu’au cours du "long et rigoureux hiver de la
foi qu’on a connu en Europe de l’Est, on a vécu dans ces pays un oecuménisme de la souffrance. Finalement, le Seigneur a libéré son peuple. Le temps
est venu de pratiquer ’l’oecuménisme de la liberté’".
A propos du dialogue avec les autres chrétiens, Jean Paul II a observé
que les exigences de l’Evangile "supposent de reconnaître loyalement les
faits, d’être disposé au pardon et à la réparation des torts respectifs".
Et que ces mêmes exigences doivent amener "à ne pas lancer des accusations
non fondées contre son frère".
Langage réconciliant du métropolite Spyridon
Le "délégué fraternel" du Patriarcat oecuménique de Constantinople, le
métropolite Spyridon, qui, lundi dernier, avait prononcé un discours remarqué à propos des difficultés entre les catholiques et les orthodoxes, est à
son tour intervenu au cours de la célébration, en adoptant cette fois un
langage qualifié de beaucoup plus modéré et réconciliant. La grande partie
de son intervention a été consacrée à l’évangélisation et à l’oecuménisme.
(apic/jt/pr)