Rome: Synode spécial des évêques sur l’Europe (031291)
Rome, 3décembre(APIC) A l’instar de ce qui s’est passé la veille au
Synode spécial des évêques sur l’Europe, la séance du lundi 2 décembre a
été marquée par de très nombreuses interventions, dont celles du cardinal
Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et
du cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan et président du Conseil des Conférences épiscpales européennes (CCEE).
Pour Mgr Ratzinger, l’Eglise doit s’interroger pour savoir si elle ne
parle pas trop en fonction d’elle-même et si, dans son annonce, "elle ne
laisse pas dans l’ombre le discours de Dieu. Pour lui, "l’annonce de
l’Eglise n’est pas un ensemble de dogmes et de prescriptions, mais simplement un discours sur Celui qui, dans le Christ, se dirige vers nous".
L’archevêque de Milan a pour sa part parlé des conditions nécessaires à
la collaboration entre les évêques et les Conférences épiscopales. Le cardinal Martini a déclaré qu’il ne fallait pas seulement promouvoir la "communion des intentions", mais aussi la "connaissance personnelle, l’amitié
et la fréquentation mutuelle entre les évêques des divers pays européens
et, également, entre les évêques et le Saint-Père".
Le président du CCEE a en outre plaidé pour "un projet ou une charte de
l’évangélisation de l’Europe qui s’inspire des indications de Jean Paul II
et des déclarations des évêques faites notamment au cours de ce symposium".
Il a également souligné qu’il fallait favoriser "la possibilité de parler
avec une seule voix et de présenter un front uni lors des discussions avec
les instances politiques qui travaillent à la construction de l’Europe
unie, par exemple le Conseil de l’Europe et le Parlement européen".
Oecuménisme et liberté
La voix de l’Estonie s’est aussi fait entendre mardi, avec l’intervention du curé de Tallin, Rein Ounapuu. L’Estonie, a-t-il relevé, compte actuellement 4 paroisses et trois prêtres, dont un marié. Tout en notant que
l’Eglise catholique en Estonie produit depuis 2 ans un mensuel, le curé de
Tallin a expliqué que l’Estonie appartient à la sphère culturelle scandinave, raison pour laquelle les paroisses catholiques se trouvent dans un milieu complètement protestant. Deux des quatre paroisses célèbrent d’ailleurs l’eucharistie dans des églises évangéliques luthériennes. Cette situation, a-t-il observé, rend les relations oecuméniques effectives.
De son côté, Mgr Vladas Michelevicius, évêque auxiliaire du diocèse de
Kaunas (Lituanie), a parlé de la grave crise économique qui a amené son
pays dans un état de pauvreté extrême. Il a cependant ajouté "la nation ne
se lamente pas de la pauvreté parce que rien n’est plus doux et précieux
que la liberté".
Quant à Mgr Nicolaos Foscolos, archevêque d’Athènes (Grèce), il a signalé que l’Eglise catholique, minorité religieuse d’environ 45’000 fidèles à
l’intérieur d’un pays dont la religion d’Etat est l’orthodoxie, ne voit
pas, en pratique, tous ses droits reconnus. Il a expliqué qu’"au cours de
ces derniers dix ans, l’Eglise catholique a changé de visage avec l’arrivée
de milliers de catholiques provenant d’autres pays". Selon l’archevêque
d’Athènes, l’Eglise catholique locale peut avoir un rôle positif dans les
échanges entre l’Orient et l’Occident. (apic/cip/jt/pr)