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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Trente-deux interventions en deux jours

    Rome: Synode spécial des évêques sur l’Europe (011291)

    Des paroles qui reflètent les préoccupations pastorales des Eglises locales

    Rome, 1erdécembre(APIC) Seize interventions vendredi, autant samedi. Au

    terme des deux premiers jours du Synode spécial des évêques sur l’Europe,on

    peut déjà se faire une idée des grandes préoccupations des pères synodaux

    concernant "la nouvelle évangélisation de la "nouvelle Europe". Ces deux

    premières journées auxquelles a assisté le pape, ont notamment permis d’entendre le témoignage de nombreux évêques venus des anciens pays communistes

    de l’Est.

    L’assemblée a ainsi écouté vendredi soir l’intervention musclée du cardinal Franjo Kuharic, archevêque de Zagreb, sur la situation dramatique que

    vit la Croatie et celle de Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique de Moscou, qui s’est exprimé à propos de la renaissance de l’Eglise catholique en Union soviétique.

    De son côté, Mgr Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la

    culture, est revenu longuement sur le symposium "Christianisme et culture

    en Europe: mémoire, conscience, programme", qui s’est tenu les 28 et 29 octobre derniers au Vatican en préparation à ce Synode. L’Europe compte des

    hommes et des femmes de culture profondément chrétiens, qui sont appelés à

    jouer un rôle de premier plan dans les années à venir, rappelle-t-il.

    L’Eglise a besoin d’eux et elle sait qu’elle peut compter sur eux "pour la

    nouvelle évangélisation du continent", ajoute le cardinal Poupard.

    Identité nationale et solidarité universelle

    Mgr Adrianus Simonis, archevêque d’Utrecht, souhaite que soit abordé,

    lors de ce Synode, le thème de l’identité nationale. "Une dégénérescence

    dramatique et fatale" de l’idée nationale s’oberve en effet dans certaines

    régions, qui rend urgente la nécessité d’une juste évaluation de cette

    identité. Le cardinal hollandais, qui s’exprimait en allemand, rappelle à

    ce sujet que le national-socialisme a montré "la charge mythique désastreuse" que l’idée nationale peut revêtir. Faire de la nation la référence ultime, la valeur la plus haute, la mesure de tout, déclare-t-il, c’est s’exposer au risque de "de l’exclusion, de la contestation, de l’éliminination

    des autres: il s’agit dans ce cas de terrorisme idéologique".

    Pour le cardinal Simonis, l’Eglise peut contribuer à une juste appréciation de l’identité nationale, en promouvant, par exemple, la confiance entre les peuples mais surtout en développant "une spiritualité de la paix et

    de la justice". Une identité est manquée, dit-il, quand elle n’est pas internationale et supranationale, là où fait défaut une conscience profonde

    de la solidarité universelle et du bien commun.

    L’archevêque d’Utrecht ajoute qu’on ne peut parler d’identité européenne

    qu’à la condition que cette notion soit "inclusive", c’est-à-dire implique

    un engagement fondamental envers les autres continents, et notamment "envers ce qui s’appelle encore le tiers monde".

    La liberté religieuse, barrière contre le totalitarisme

    Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, a tenu à réaffirmer l’importance de la liberté religieuse: "L’Eglise garantit à chaque Etat

    de droit le respect de son ordre spécifique, mais elle attend aussi de celui-ci "le respect des droits de l’homme et de la liberté religieuse, en

    privé en en public". Mgr Lustiger ajoute: "La liberté religieuse a été un

    rempart contre les totalitarismes athées" et elle est "un geste de justice

    et de charité à l’égard des croyants et des incroyants, y compris les antichrétiens et les anti-cléricaux, une assurance pour l’état de droit en Europe".

    Mgr Fernand Franck, archevêque de Luxembourg, signale que dans son pays

    le taux d’immigration est de 27,5%. "D’où le défi d’évangéliser la mobilité, avec son corollaire qu’est le pluralisme", dit-il. Il plaide pour une

    présence d’Eglise auprès des institutions européennes et pour un accompagnement spirituel et pastoral des personnes qui y travaillent.

    Sartre et des éditeurs français mis en accusation

    Mgr Josef Miroslav Zycinski, évêque de Tarnow, en Pologne, s’en prend

    vivement à l’attitude de certains intellectuels occidentaux - notamment

    français - "prisonniers du marxisme". Il en veut spécialement à Sartre, qui

    était "fasciné par Marx, Lénine et Mao", ainsi que ses collègues de la Sorbonne, qu’il accuse d’avoir "développé les bases théoriques du génocide

    perpétré par Pol Pot au Cambodge".

    L’évêque de Tarnow ajoute que l’auteur polonais Herling-Grudzinski n’a

    pas pu publier en France ses mémoires sur les goulags soviétiques, "ni chez

    Gallimard, ni chez Plon", en dépit du soutien d’Albert Camus, les deux maisons d’édition ayant objecté, à l’entendre, "que leurs bonnes relations

    avec les représentants de la gauche étaient pour eux plus important que la

    vérité sur la souffrance humaine dans les goulags".

    L’évêque polonais déplore enfin la libre exaltation du marxisme dans

    certaines versions de la théologie de la libération.

    Ne pas oublier l’existence des pays non-alignés

    L’archevêque de Calcutta et président de la Fédération des conférences

    épiscopales d’Asie, Mgr Henry Sebastian D’Souza, craint que l’on oublie les

    pays non-alignés: "La disparition du conflit idéologique dans le monde conduit à mettre en question l’existence du groupe des pays non-alignés qui

    guide le tiers monde dans un engagement pour une équitable redistribution

    des richesses".

    Quant à Mgr Frantisek Tondra, évêque de Spis, en Tchécoslovaquie, il

    fait état du recensement effectué en Slovaquie en mars dernier. Ce recensement fait apparaître que plus de de 60 % de Slovaques se déclarent catholiques. L’évêque attribue cette résistance à des décennies d’athéisation forcée au fait d’une évangélisation au plan personnel, au sein de petites

    communautés. Mgr Tondra en conclut que la nouvelle évangélisation doit se

    faire "de personne à personne". (apic/cip/ba)

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