Rome: symposium de la CCEE sur l’enseignement de la religion (150491)
Rome, 15avril(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu lundi matin les participants à un symposium consacré à l’"enseignement de la religion catholique
dans les écoles publiques des pays européens". Organisé à Rome du 13 au 15
avril par le Conseil des Conférences épiscopales eurpéenne (CCEE), que préside le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, ce symposium
avait choisi un thème opportun. Pour le pape, un processus de réflexion,
d’évaluation, et de conception de projets est en cours; il va certainement
"au-delà de la simple unification économique et politique de l’Europe, pour
devenir un fait de culture, une promotion d’humanité et, pour nos croyants,
un appel singulier et fondamental à la nouvelle évangélisation".
En vue du Synode des évêques sur l’Europe, ce symposium sur l’enseignement de la religion à l’école publique revêt une importance capitale. Cet
enseignement "mérite d’être considéré comme un apport premier à la construction d’une Europe fondée sur ce patrimoine de culture chrétienne qui
est commun aux peuples de l’Ouest et de l’Est européen".
Un tel symposium permet en outre de maintenir éveillé l’intérêt pour le
futur de l’Europe, en attirant l’attention sur "les valeurs spirituelles et
éthiques à transmettre aux nouvelles générations", a insisté Jean Paul II .
Il importe donc de rechercher des "formes de collaboration et d’aide réciproque en vue d’un dessein d’ensemble au sein duquel les diverses situations locales puissent trouver, même pour l’enseignement de la religion,
des points de référence communs".
Le symposium a confronté les normes concernant l’école et la condition
des jeunes dans les divers Etats. Le pape espère que ces travaux serviront
de base à une véritable "charte de l’enseignement religieux européen". Il a
tenu à rappeler une série d’exigences.
La formation intégrale de l’homme
Tout enseignement de la religion catholique vise la formation intégrale
de l’homme. Il importe donc de transmettre aux élèves une culture religieuse "toujours plus large et motivante". Les approches diffèrent selon les
pays, notamment à propos du rapport à la fois distinct et complémentaire de
cet enseignement scolaire avec la catéchèse des communautés chrétiennes.
"Il ne s’agit pas de réduire à l’uniformité ce que la situation
historique et la sagesse de choix des Conférences épiscopales ont déterminé
dans chaque pays", a affirmé Jean Paul II. Toutefois, a-t-il ajouté,
l’enseignement de la religion dans les écoles publiques doit poursuivre un
objectif commun: "Promouvoir la connaissance et la rencontre avec le
contenu de la foi chrétienne selon les finalités et les méthodes propres à
l’école et donc comme un fait de culture".
Cet enseignement devra être donné "dans un esprit ouvert au dialogue" et
de façon documentée pour "l’interprétation authentique et intégrale de
l’Eglise catholique". Il s’agit notamment de respecter les consciences des
élèves qui ont "le droit de connaître avec vérité et certitude leur religion d’appartenance".
Les élèves, les jeunes, sont "la vraie richesse de l’Europe". Investir
dans leur formation est donc primordial, d’autant que la fréquentation volontaire des cours est élevée un peu partout. Le professeur de religion,
lui, doit accompagner les profondes "demandes de sens" ouvertes aux valeurs
de justice, de solidarité et de paix. Il ne doit pas "minimiser" le caractère formateur de sa matière. L’enseignement de la religion doit conduire
aussi à la redécouverte des origines chrétiennes de l’Europe et de leurs
fécondités sur tous les plans (juridique, artistique, politique, philosophique, éthique...).
"Dépasser les préjugés"
En conclusion, le pape s’est adressé aux responsables sociaux, notamment
aux autorités politiques de chaque pays, pour redire sa ferme conviction
que l’enseignement religieux, loin d’être un fait purement privé, est "un
service pour le bien commun". Dans la construction de l’Europe, l’enseignement de la religion doit aussi prêter une grande attention au thème oecuménique, "afin de dépasser les préjugés". Cela vaut également pour les populations immigrées: elles ont besoin de solidarité, mais sont aussi porteuses "de valeurs culturelles et spirituelles que l’enseignement de la religion ne peut négliger". (apic/gm/pr)