Rome : Robert Runcie, primat de la (290989)
Rome, 29septembre(APIC/CIP) Le primat de la Communion Anglicane, le
Révérend Robert Runcie, archevêque de Cantorbéry, est arrivé à Rome
vendredi 29 septembre pour une visite de quatre jours au Vatican.
A son arrivée à l’aéroport à Rome, le Rév. Runcie a été accueilli par le
cardinal Johannes Willebrands, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens. L’archevêque anglican a déclaré qu’il
était très heureux d’être à Rome "pour confirmer de vieilles amitiés et
pour discuter de nombreux points touchant la vie chrétienne aujourd’hui".
Il s’est dit "plein d’espoir" à l’idée de pouvoir faire progresser "la compréhension et l’unité mutuelles entre l’Eglise anglicane et l’Eglise catholique". "Tel est le but de ma visite", a-t-il précisé, ajoutant que, du côté anglican comme du côté catholique, on se soucie de faire la clarté sur
les incompréhensions existant encore. Le Rév. Runcie a ensuite exprimé sa
satisfaction de pouvoir prier avec le pape.
C’est la première visite à Rome du Révérend Runcie, L’archevêque
anglican suit ainsi l’exemple de ses trois prédécesseurs immédiats, dont le
Rév. Geoffrey Fisher qui, en décembre 1960, fut reçu en audience privée par
le pape Jean XXIII. Cette visite du Rév. Fisher, deux ans avant l’ouverture
du Concile Vatican II, était le premier voyage à Rome d’un primat de la
Communion Anglicane depuis l’époque de la Réforme au XVIe siècle.
Le Rév. Runcie et le pape Jean Paul II se sont déjà rencontrés à
plusieurs reprises, mais jamais à Rome. Ils étaient notamment tous les deux
à Assise, lors de la Journée mondiale de prière pour la paix en octobre
1986. Précédemment, en 1982, Jean Paul II avait lui-même rendu visite au
Rév. Runcie à Cantorbéry au cours de son voyage pastoral en
Grande-Bretagne.
C’est à la suite de la rupture du roi Henri VIII d’Angleterre avec Rome
que s’est constituée l’Eglise anglicane au XVIe siècle. Depuis le début du
XXe, cependant, les relations entre la Communion Anglicane et l’Eglise catholique romaine ont beaucoup évolué. Entre 1921 et 1925, le cardinal Mercier qui était archevêque de Malines joua un rôle prépondérant dans les célèbres "Conversations de Malines" qui jetèrent un pont important entre
l’Eglise catholique et l’Eglise anglicane, représentée alors par Lord Halifax. Depuis le Concile Vatican II, le dialogue entre l’Eglise catholique et
la Communion Anglicane fait l’objet d’un travail approfondi au sein d’une
Commission internationale, connue sous le sigle ARCIC.
Le Père Kevin McDonald, membre du Conseil pontifical pour la promotion
de l’Unité des chrétiens et responsable, au sein de ce Conseil, des rapports avec les anglicans, soulignait, dans un article récent, que le dialogue anglicano-catholique se déroule actuellement dans un "contexte d’ouverture et de franchise plus grandes". Toutefois, indiquait le Père Kevin
McDonald, l’ordination des femmes dans l’Eglise anglicane constitue une importante difficulté au rapprochement des points de vue sur la question des
ministères. (apic/jt/bd)