Rome: relations entre le Saint-Siège et Israël (070192)
Rome, 7janvier(APIC) Lors de son récent voyage en Israël, le cardinal
John O’Connor, archevêque de New-York, a constaté qu’une convergence de vue
se dessinait entre le Saint-Siège et Israël. Après sa rencontre avec Yitzakh Shamir à Jérusalem, et avec le roi Hussein de Jordanie, Mgr O’Connor a
expliqué au journal italien, la "Repubblica" que "le moment était venu pour
l’Eglise d’intervenir comme réconciliatrice et d’utiliser son influence morale".
Selon les propos tenus par le cardinal, il semble que le Vatican a modifié son attitude sur la question de Jérusalem. Mgr O’Connor relève que depuis 1948, il existe une résolution de l’ONU qui réclame l’internationalisation de Jérusalem, mais qu’à présent on n’en discute plus, pas plus qu’on
ne parle du problème de la souveraineté du gouvernement israélien sur Jérusalem.
Il y a aujourd’hui deux problèmes principaux: le libre accès des croyants de toutes les religions aux lieux saints et la reconnaissance des mêmes droits pour tous les habitants de la ville . "Principes que le maire de
Jérusalem Teddy Kollek défend depuis longtemps", a reconnu l’archevêque.
Certes le Saint-Siège ne s’est jamais exprimé publiquement dans ce sens,
mais "le silence parle pour lui-même", estime le cardinal.
Le pape a indiqué au cardinal trois problèmes principaux qui restent
encore à résoudre. Le premier est la question palestinienne. Beaucoup de
Palestiniens sont chrétiens, et l’Eglise ne peut pas ignorer les souffrances et les injustices dont ils sont victimes. "Mais l’Eglise n’a jamais rejeté toute la responsabilité sur le seul Israël. Il s’agit d’un problème
moyen-oriental qui doit être considéré comme tel. Certes Israël y joue un
grand rôle. J’ai l’impression que la possibilité d’ouvrir une discussion
est en train de mûrir en Israël et dans l’Eglise" a précisé Mgr John O’Connor. Le second problème est celui du statut de Jérusalem. Le troisième
concerne est la situation des chrétiens dans l’ensemble du Proche-Orient.
Il s’agit d’une communauté de 30 millions de croyants dont le sort n’a jamais été oublié par l’Eglise. Ces croyants ne doivent en aucun cas être mis
en danger par une reconnaissance d’Israël par le Vatican, estime Mgr O’Connor.
Les autorités israéliennes ont réagi avec réserve aux propos du cardinal
américain. Selon le maire de Jérusalem, Teddy Kollek, Mgr O’Connor est connu comme un ami des Juifs américains. Sa visite avait un caractère très
personnel, mais un archevêque "ne peut pas venir à Jérusalem sans instructions ou au moins sans la permission du Saint-Siège". Il y a des progrès et
nous le remarquons a déclaré le maire de Jérusalem, mais le chemin vers
l’ouverture de relations directes et complètes entre Israël et le Vatican
est encore long, a-t-il précisé.
Le "Jérusalem Post" a pour sa part commenté de manière positive la visite de l’archevêque. Dans un éditorial intitulé "Un prélat perspicace", le
journal relève que la rencontre entre Mgr O’Connor et le Premier Ministre
dénote un changement d’attitude de la part du Vatican. (apic/cip/mp)