Rome: réaction du Vatican au refus de l’Eglise orthodoxe (151091)
Accusations injustes et infondées!
Rome, 15octobre(APIC) Le Vatican a réagi lundi aux accusations formulées
par le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe russe pour justifier son refus
d’envoyer à Rome des délégués au prochain Synode sur l’Europe. Le Vatican,
qui "désir éviter toute polémique", estime injuste d’imputer à l’Eglise
gréco-catholique l’échec des négociations avec l’Eglise orthodoxe russe.
La réaction du Vatican intervient quelques jours après la décision du
patriarche de Moscou, Alexis II, de décliner l’invitation du pape d’envoyer
des "délégués fraternels" au Synode des évêques d’Europe qui se tiendra au
Vatican du 28 octobre au 14 décembre.
L’Eglise orthodoxe russe justifie son refus en accusant le Saint-Siège
d’avoir nommé des évêques en URSS et de créer ainsi des structures parallèles à celles de l’Eglise orthodoxe russe. Celle-ci invoque en outre les
difficultés créées par les exigences de l’Eglise gréco-catholique en Ukraine; elle affirme que l’"esprit de fraternité et de coopération oecuménique
a cessé de présider à ces relations au profit d’un prosélytisme presque indécent de la part de l’Eglise catholique".
Dans son communiqué, le Saint-Siège explique qu’il n’est "pas possible
de laisser passer sans commentaire certaines accusations formulées dans la
déclaration du Saint-Synode". Mais s’il réagit, c’est, précise-t-il, avec
le désir d’éviter toute polémique à ce sujet".
Concernant les difficultés en Ukraine, le Vatican estime qu’il est injuste d’imputer à l’Eglise gréco-catholique (de rite byzantin ou "uniate")
l’échec des négociations avec l’Eglise orthodoxe russe et d’utiliser à son
endroit des termes tels que ceux qui sont adoptés dans la déclaration du
Saint-Synode.
Le Saint-Siège rappelle en outre que lors de la suppression de l’Eglise
gréco-catholique par Staline en 1946, la présence orthodoxe en Ukraine
était "minime" et que tous les biens ecclésiastiques appartenaient bel et
bien à l’Eglise catholique ukrainienne.
Quant à l’érection de cinq diocèses en URSS et à la nomination d’évêques
à leur tête, en avril dernier, le Vatican explique que le pape n’a fait que
s’acquitter de son devoir de donner leur pasteur légitime aux catholiques
"qui se trouvent depuis 70 ans dans une situation de grand dénuement spirituel". L’Eglise orthodoxe russe cherche elle aussi à offrir une assistance
spirituelle aux petites communautés de fidèles qui vivent en-dehors de
l’Union Soviétique, observe le Vatican.
De son côté, le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical
pour la promotion de l’unité des chrétiens, a regretté dans une interview
diffusée lundi par Radio Vatican le refus du Saint-Synode. Il considère que
l’absence de l’Eglise orthodoxe russe est une "perte importante pour le
Synode". Mais admet que les relations de l’Eglise catholique avec l’Eglise
orthodoxe sont tendues. Il prend cependant note du fait que la déclaration
du Saint-Synode précise que ce refus ne signifie pas une rupture des relations entre les deux Eglises. (apic/cip/pr)