Rome: rapports entre catholiques et orthodoxes (110691)
Rome, 11juin(APIC) Le pape Jean Paul II a envoyé une lettre aux évêques
européens à propos "des rapports entre catholiques et orthodoxes dans la
nouvelle situation qui s’est créée en Europe de l’Est et dans d’autres parties du monde". Dans cette lettre, rendue publique mardi, mais qui porte la
date du 31 mai 1991, le pape note à propos de l’Europe de l’Est qu’"un climat d’opposition à la liberté religieuse et de persécutions ouvertes avait
atteint sous une forme ou sous une autre tous les croyants: catholiques,
orthodoxes, protestants et membres d’autres religions".
Maintenant, écrit le pape, "l’histoire est en train de réparer un acte
de grave injustice". Jean Paul II déplore qu’au cours du processus de réorganisation de l’Eglise catholique "des problèmes et des tensions se sont
malheureusement manifestés entre catholiques et orthodoxes, en particulier
quant à la propriété et à l’usage des lieux de culte qui avaient appartenu
aux Eglises catholiques de rite byzantin, mais qui furent confisqués par
les gouvernements respectifs pour être en partie attribués aux Eglises orthodoxes".
Le pape relève que tous doivent être convaincus que "le dialogue est encore l’instrument le plus adapté pour se livrer à un échange fraternel pour
résoudre le contentieux dans un esprit de justice, de charité et de pardon". Il souligne que "des frères qui ont partagé pendant un temps les mêmes souffrances et les mêmes épreuves ne doivent pas aujourd’hui s’opposer
entre eux, mais envisager ensemble l’avenir qui s’ouvre avec des signes
prometteurs d’espérance".
Jean Paul II ajoute en outre que la question des relations entre catholiques de rite oriental et orthodoxes n’est pas limitée aux seuls pays
d’Europe de l’Est, mais qu’elle se présente aussi dans d’autres partie du
monde, par exemple au Moyen-Orient, région où il y a en plus des Eglises de
tradition byzantine, des Eglises anciennes de traditions alexandrine, antiochienne, arménienne et chaldéenne.
Le pape remarque que les événements récents de la guerre du Golfe ont
mis en lumière la menace qui pèse sur ces communautés catholiques, généralement peu nombreuses. Il explique qu’"en raison des difficultés qui affectent ces pays souvent marqués par d’interminables conflits - parfois même
armés -, l’immigration est de plus en plus fréquente avec les problèmes accrus qu’elle entraîne".
Le pape, ayant parlé du souci de l’unité, indique ensuite un certains
nombre de critères pour y parvenir. Il cite tout d’abord les paroles de
Paul VI: "C’est au chef des Eglises, à leurs hiérarchies, qu’il incombe de
mener les Eglises sur la voie qui conduit à la pleine communion retrouvée",
avant de relever la nécessité de refuser "toute forme indue de prosélytisme, en évitant absolument, dans l’action pastorale, toute tentation de violence et toute espèce de pression".
Jean Paul II précise enfin qu’il ne suffit évidemment pas d’éviter les
erreurs, mais qu’il faut encore promouvoir de manière positive la vie commune dans un respect mutuel et concerté".
Le pape conclut sa lettre en souhaitant "de tout coeur que partout où
catholiques orientaux et orthodoxes vivent ensemble, s’instaurent des relations fraternelles basées sur le respect mutuel et la recherche sincère
d’un témoignage commun rendu à l’unique Seigneur". (apic/jt/pr)