Rome: Publication du document de la Commission (160793)
Du neuf dans les relations entre catholiques et orthodoxes
L’uniatisme est classé comme "méthode d’union du passé"
Rome, 16juillet(APIC) Le document officiel rédigé par la Commission Rome: Publication du document de la Commission (160793) a publié le 16 juillet à
Rome le document officiel signé le 23 juin dernier au terme de sa rencontre
à Balamand au Liban. Ce document est intitulé: "L’uniatisme, méthode d’union du passé, et la recherche actuelle de la pleine communion".
Le document est divisé en deux parties. La première expose les principes
généraux relevant de la conception même de l’Eglise. La seconde en tire
quelques règles pratiques. Une introduction générale fait le point sur la
genèse du document.
La première partie retrace l’historique du problème posé par la manière
ancienne de concevoir les relations entre catholiques et orthodoxes. On y
rappelle d’abord: "Durant les quatre derniers siècles, en diverses régions
de l’Orient, des initiatives ont été prises de l’intérieur de certaines
Eglises et sous l’impulsion d’éléments extérieurs, pour rétablir la communion entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident. (...) ainsi sont nées
les Eglises orientales catholiques et s’est créée une situation qui est devenue source de conflit, de souffrance d’abord pour les orthodoxes, mais
aussi pour les catholiques."
"Le rétablissement de l’unité entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident n’a pas été atteint", note le document. "Et la division persiste,
envenimée par ces tentatives", soit à cause du prosélytisme du côté catholique, soit parce que "certaines autorités civiles ont fait des tentatives
pour amener des catholiques orientaux dans l’Eglise de leurs pères". Ces
autorités civiles, du côté orthodoxe, "n’hésitaient pas, si l’occasion s’en
présentait, à utiliser des moyens inacceptables" (allusion aux intégrations
forcées des catholiques orientaux dans l’Eglise orthodoxe).
Uniatisme inacceptable
"Le dialogue ayant changé le rapport entre les deux Eglises, cette forme
d’apostolat missionnaire décrite ci-dessus et qui a été appelée "uniatisme"
ne peut plus être acceptée, ni en tant que méthode à suivre, ni en tant que
modèle de l’unité recherchée par nos Eglises", souligne le document signé à
Balamand. L’uniatisme est devenu inacceptable car "l’Eglise catholique et
l’Eglise orthodoxe se reconnaissent mutuellement comme Eglises soeurs, responsables ensemble du maintien de l’Eglise de Dieu dans la fidélité au
dessein divin, tout spécialement en ce qui concerne l’unité."
Le document reconnaît "l’inviolable liberté des personnes et l’obligation universelle de suivre les exigences de la conscience". Il rappelle que
"les Eglises orientales catholiques qui ont voulu rétablir la pleine communion avec le siège de Rome et y sont restées fidèles ont les droits et obligations qui sont liées à cette communion dont elles font partie".
"Il faut donc, poursuit le document, que ces Eglises soient intégrées,
tant au niveau local qu’au niveau universel, au dialogue de la charité dans
le respect mutuel et la confiance réciproque retrouvée, et qu’elles entrent
dans le dialogue théologique avec toutes ses implications pratiques."
En pratique
Parmi les règles pratiques, le document rappelle que "la première démarche à faire est de mettre un terme à tout ce qui peut entretenir la discorde, le mépris et la haine entre les Eglises." "Les autorités de l’Eglise
catholique aideront pour cela les Eglises orientales catholiques et leurs
communautés à préparer, elles aussi, la pleine communion entre les Eglises
catholiques et orthodoxes. Les autorités de l’Eglise orthodoxes agiront
d’une manière analogue vis-à-vis de leurs fidèles."
De part et d’autre, poursuit le document, il faudra aussi "que les évêques et tous les responsables tiennent compte scrupuleusement de la liberté
religieuse des fidèles". "Ceux-ci doivent pouvoir exprimer librement leur
opinion en étant consultés et en s’organisant à cette fin."
Pour éviter tout soupçon de prosélytisme, "il faut rechercher et engager
un dialogue ouvert en premier lieu entre ceux qui, sur le terrain, ont la
responsabilité des Eglises".
"La foi dans la réalité sacramentelle implique que l’on respecte toutes
les célébrations liturgiques des autres Eglises", notent concrètement les
signataires du document. "L’usage de la violence pour s’emparer d’un lieu
de culte contredit cette conviction. Celle-ci, au contraire, veut qu’en
certaines circonstances, on facilite la célébration des autres Eglises, en
mettant sa propre église à leur disposition, par un accord permettant de
célébrer alternativement à des temps différents dans le même édifice."
Enfin, pour éviter tout malentendu et développer la confiance entre les
deux Eglises, le document insiste pour "que les évêques catholiques et orthodoxes d’un même territoire se consultent avant la réalisation de projets
pastoraux catholiques, impliquant la création de nouvelles structures dans
des régions relevant traditionnellement de la juridiction de l’Eglise orthodoxe, et cela afin d’éviter des activités pastorales parallèles, qui
risqueraient de devenir rapidement concurrentes, ou même conflictuelles."
(apic/cip/cb)