Rome: Publication d’un nouveau Directoire oecuménique (080693)
Rome, 8juin(APIC) Dans le but de donner des normes d’application universelles pour guider les catholiques dans l’action oecuménique, pour donner
une cohérence aux façons variées des Eglises particulières de pratiquer
l’oecuménisme et éviter "ici ou là, une certaine confusion doctrinale", le
Vatican a publié mardi un nouveau Directoire oecuménique. Dans la logique
du Concile Vatican II, ce document encourage l’engagement oecuménique au
niveau universel et local.
Forte d’une centaine de pages, cette nouvelle édition révisée et
augmentée - un premier Directoire oecuménique en deux parties avait déjà
été publié en 1967 et en 1970 - "réaffirme avec vigueur et sans équivoque
la prise de position de l’Eglise catholique en faveur de l’oecuménisme",
souligne le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical
pour la promotion de l’unité des chrétiens.
Approuvé par le pape Jean Paul II le 25 mars dernier, le nouveau "Directoire pour l’application des principes et des normes sur l’oecuménisme" a
été présenté à la presse le 8 juin à Rome par le cardinal Cassidy, et par
Mgr Pierre Duprey et Mgr Francesco Eleuterio Fortino, respectivement secrétaire et sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité
des chrétiens.
Dans sa présentation, le cardinal Cassidy a indiqué que le nouveau Directoire n’a pas et ne peut pas avoir une dimension législative, mais qu’il
a une visée avant tout pastorale, mettant davantage en lumière les espaces
existants pour la promotion de l’activité oecuménique, surtout au niveau
local et en ce qui concerne la formation. Le cardinal Cassidy a encore observé que ce Directoire de l’Eglise catholique est un effort oecuménique
qui n’a pas d’équivalent dans d’autres confessions chrétiennes.
Eviter les déviations
Ces dernières années, suite aux développements du mouvement oecuménique,
les autorités ecclésiastiques compétentes ont édicté de temps en temps des
normes, des suggestions, voire des mises en garde concernant des sujets impliquant une dimension oecuménique (par ex. à propos des mariages mixtes,
de l’évangélisation, de la catéchèse, de la coopération oecuménique, de
l’hospitalité eucharistique...).
De plus, la parution en 1983 du Code de droit canonique pour l’Eglise
latine et de celui pour les Eglises orientales en 1990, et récemment du Catéchisme de l’Eglise catholique, a rendu nécessaire une mise à jour du Directoire oecuménique. Ce dernier "garantira que l’activité oecuménique dans
l’Eglise catholique est conforme à l’unité de foi et de discipline qui unit
les catholiques entre eux". Dans le domaine de l’oecuménisme, comme dans
d’autres, note le document, il est très important d’éviter des abus qui
pourraient contribuer à la confusion ou entraîner l’indifférentisme doctrinal. La non observation des directives sur ce sujet crée un obstacle au
progrès de la recherche authentique de la pleine unité entre chrétiens. Il
appartient à l’évêque du lieu, aux Conférences épiscopales ou aux Synodes
des Eglises orientales catholiques de faire en sorte que les directives du
Directoire soient appliquées fidèlement, afin d’éviter des déviations.
Intercommunion et messe dominicale
Le nouveau Directoire oecuménique rappelle que "la communion eucharistique est inséparablement liée à la pleine communion ecclésiale et à son expression visible". De façon générale, est-il souligné, l’Eglise catholique
donne accès à la communion eucharistique et aux sacrements de pénitence et
d’onction des malades uniquement à ceux qui sont dans son unité de foi, de
culte et de vie ecclésiale. Mais, "dans certaines circonstances, de façon
exceptionnelle et à certaines conditions", l’Eglise catholique peut autoriser ou même recommander l’admission à ces sacrements à des chrétiens d’autres Eglises et Communautés ecclésiales.
Le Directoire relève également que la célébration de l’eucharistie le
dimanche est le fondement et le centre de toute l’année liturgique, les
catholiques devant participer à la messe ce jour-là ou la veille. "Pour
cette raison, il est déconseillé d’organiser des services oecuméniques le
dimanche et il est rappelé que, même quand des catholiques participent à
des services oecuméniques et à des services d’autres Eglises et Communautés
ecclésiales, l’obligation de participer à la messe ces jours-là demeure".
Rappelons qu’en janvier 1992 la Commission oecuménique de la Conférence des
Evêques suisses (CES) avait dit qu’en certaines occasions, il y a de "bonnes raisons" de mettre un office oecuménique le dimanche. Elle rappellait
toutefois l’obligation de la messe dominicale, tout en admettant que "des
raisons importantes pourraient en permettre la dispense".
Dans son premier chapitre, le Directoire aborde l’engagement oecuménique
catholique fondé sur les principes doctrinaux énoncés par le Concile Vatican II; dans son deuxième chapitre, il parle des personnes et des structures destinées à promouvoir l’oecuménisme à tous les niveaux. Il énonce dans
le chapitre III les catégories de personnes dans l’Eglise à former en matière d’oecuménisme, mentionne les méthodes de formation dans ses aspects
doctrinaux et pratiques. La quatrième partie souligne la communion existant
déjà avec les autres chrétiens sur la base du lien sacramentel du baptême,
et les normes pour le partage de la prière et d’autres activités spirituelles, y compris, dans les cas particuliers, des biens sacramentels. Dans la
dernière partie, le Directoire parle des différents formes de la coopération entre chrétiens en vue du dialogue et du témoignage commun dans le
monde (par ex. activités caritatives et sociales).
A plusieurs reprises le Directoire, même s’il souligne que, selon la foi
catholique, l’Eglise catholique a été dotée de toute la véritée révélée et
de tous les moyens de salut, l’Esprit du Christ ne refuse pas de se servir
également d’autres Eglises et Communautés chrétiennes comme de moyens de
salut, mettant ainsi en relief "les vérités de foi tenues en commun par les
différentes confessions chrétiennes". (apic/be)