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    Premier pas important vers la béatification

    Rome: proclamation des vertus héroïques de Marguerite Bays (100790)

    Rome, 10juillet(APIC) Le Vatican a proclamé mardi les vertus héroïques de

    la Fribourgeoise Marguerite Bays, ce qui représente un premier pas important en vue de sa béatification. C’est en présence du pape Jean Paul II et

    du cardinal Angelo Felici, préfet de la Congrégation pour les Causes des

    Saints, et des postulateurs qu’une série de décrets de la Congrégation ont

    été promulgués, dont celui concernant Marguerite Bays, membre du tiers-ordre séculier de saint François. L’évêché de Fribourg publiera demain un

    communiqué à ce sujet.

    Dévouée à sa paroisse, attentive aux plus démunis, douée d’un esprit

    missionnaire aïgu, convaincue de la nécessité d’une presse catholique et

    constamment imprégnée d’un esprit de prière : telle est Marguerite Bays selon le Père Humbert Thomas Conus, Dominicain, postulateur de sa cause de

    béatification.

    Une humble laïque

    Marguerite Bays est née à La Pierraz (commune de Chavannes-les-Forts) le

    8 septembre 1815. Elle fut la deuxième des sept enfants de Pierre-Antoine

    Bays, agriculteur, et de Marie-Joséphine Bays, née Morel. Elle entra le 22

    février 1860 dans le Tiers-Ordre de St-François. Connue pour sa piété, "ayant mis Dieu en premier", selon l’expression de Mgr Mamie lors de la messe

    du 100ème anniversaire de sa mort, elle vécut dans sa paroisse de Siviriez

    comme une humble et laborieuse paysanne et couturière. Atteinte d’un cancer

    aux intestins en 1854, Marguerite Bays, jusqu’à sa mort le 27 juin 1879,

    bien que guérie du cancer, ne recouvra plus jamais la santé.

    Marguerite Bays - et c’est ce qui fait son originalité - a choisi d’être

    laïque, sachant qu’elle était "l’âme de sa famille" et s’estimant indigne

    de devenir religieuse. L’une des premières, elle a compris la responsabilité du baptisé dans la vie paroissiale. Elle priait avec chacun et l’aidait

    à prendre conscience de sa dignité d’homme pour mieux l’ouvrir au Christ.

    L’esprit missionnaire de la "femme de Siviriez" la poussait à soutenir

    l’oeuvre pour la propagation de la foi et à encourager la presse catholique

    pour défendre la religion.

    Une souffrance féconde

    Guérie subitement d’un cancer de l’intestin, Marguerite Bays a demandé à

    Jésus d’être intimement associée à sa passion et elle a été exaucée. Chaque

    vendredi, elle avait les stigmates et vivait quelques heures d’extase. Une

    telle souffrance ne pouvait être supportée que dans une intense vie de

    prière et une profonde communion avec Dieu, signe d’une relation d’amour

    unique avec Lui que Marguerite Bays a cultivée tout au long d’une vie de

    fidélité. La "sainte de Siviriez" reste un modèle de vie chrétienne par son

    attitude intérieure et le regard du coeur qu’elle portait sur les autres.

    1ère étape vers la béatification

    Avec la proclamation de mardi s’achève la première étape vers la béatification de Marguerite Bays. Accédant à la demande du Père Conus, postulateur de la cause de béatification, Mgr Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, avait nommé un tribunal d’enquête qui s’était constitué le 2 novembre 1987 afin d’examiner le "miracle" de la Dent-de-Lys.

    Le fait qui avait été soumis à l’examen de ce tribunal d’enquête est la

    protection extraordinaire dont a bénéficié l’abbé Marcel Ménétrey, alors

    étudiant au Collège Saint-Michel à Fribourg, lors d’une ascension de la

    Dent-de-Lys, le 25 mars 1940. D’où la présence d’un diplomé en alpinisme

    dans le tribunal. Lors de cette excursion, le chapelain Davet, de Chavannes-les-Forts, sa nièce et son jeune sacristain tombèrent dans le vide et

    trouvèrent la mort. L’abbé Ménétrey, curé du Crêt, a attribué à l’invocation de Marguerite Bays le fait d’avoir eu la vie sauve.

    Le Père Conus a rassemblé sur la "sainte de Siviriez" une abondante documentation basée sur plusieurs relations de contemporains: le "procès sur

    les vertus", qui a été examiné à Rome pendant plus d’un an.

    Deux ordres de faits doivent être démontrés pour aboutir à une béatification ou une canonisation: le rayonnement spirituel du Serviteur ou de la

    Servante de Dieu après sa mort; son martyre ou ses vertus chrétiennes, qui

    incarnent une foi vivante. La béatification et la canonisation ont pour

    but, pour l’Eglise, de proposer en exemple au peuple chrétien le témoignage

    d’un de ses membres défunts et d’autoriser ou de prescrire un culte public

    en son honneur (attribution d’un jour de fête dans le calendrier, possibilité d’exposer des images et des reliques dans les églises, désignation

    comme patron de personnes, de paroisses,...). (apic/jt/cor)

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