Rome: problèmes financiers du Saint-Siège (100491)
Rome, 10avril(APIC) Les présidents des Conférences épiscopales du monde
entier, qui se sont réunis les 8 et 9 avril au Vatican pour étudier la situation financière du Saint-Siège, ont envoyé au terme de leurs travaux une
lettre à tous les évêques de l’Eglise catholique les invitant à une solidarité concrète.
Cette lettre informe les évêques de l’enjeu de la réunion de Rome: les
participants ont examiné les diverses propositions recueillies pour contribuer à stabiliser la situation financière du Saint-Siège. Avec les moyens
dont il dispose actuellement, celui-ci n’est pas en mesure de couvrir les
dépenses engendrées par les activités de ses divers organismes au service
de l’Eglise universelle.
Les présidents des Conférences épiscopales affirment qu’ils ont "manifesté leur volonté d’apporter une aide efficace pour résoudre le problème
dans un esprit de solidarité avec le Saint-Père et pris la résolution
d’agir ensemble afin de couvrir les frais qui sont nécessaires pour garantir la continuité des engagements du Siège apostolique". A cette fin, peuton lire dans la lettre, "la collaboration de chaque diocèse est nécessaire
comme une manifestation de communion avec le Saint-Père et de coresponsabilité dans la problématique actuelle".
Au cours de la réunion au Vatican, les participants ont également examiné des propositions visant à augmenter le "denier de Saint-Pierre" et à appliquer au mieux une disposition concrète du droit canonique, le canon
1271, qui fait aux évêques une obligation de fournir au Saint-Siège les
moyens dont il a besoin pour assumer sa mission au service de l’Eglise universelle.
Le Saint-Siège accusait en 1989 un déficit de 54,687 millions de dollars. A cette somme il convient d’ajouter 15,230 millions de dollars dépensés, entre autres, pour la sauvegarde du patrimoine mobilier (effets de
l’inflation) et immobilier (conservation des bâtiments en particulier).
le principe des vases communicants
La majeur partie des dépenses concerne les salaires et pensions du personnel, les représentations pontificales (nonciatures, délégations,...),
les frais administratifs, Radio Vatican et "L’Osservatore Romano", les deux
organes de presse du Vatican qu’un cardinal a un jour qualifiés de "tonneaux sans fond".
Une partie du déficit de 1989, selon les derniers chiffres officiels
communiqués par le Vatican, a été couverte par le "denier de saint Pierre",
c’est-à-dire par les offrandes versées par les diocèses, les Ordres religieux et les simples fidèles, pour un total qui s’élevait cette année-là à
48,138 millions de dollars. Mais c’est à contrecoeur qu’il a fallu recourir
au "denier de saint Pierre", car celui-ci est normalement destiné à soutenir des projets pastoraux et des initiatives missionnaires.
Nombre de diocèses d’Europe de l’Est aimeraient bénéficier de cette solidarité concrète alors qu’ils ne disposent pas des moyens élémentaires
pour exercer leur mission. Au cours du dernier Synode des évêques consacré
en octobre dernier à la formation des prêtres, plusieurs Pères synodaux
s’étaient précisément plaint du manque d’infrastructure dans leurs diocèses
à peine sortis de la clandestinité. Les Eglises locales d’Afrique comptent
également sur la solidarité des diocèses plus riches pour poursuivre leur
mission dans un continent dont le pape ne souhaite pas qu’il devienne, à
cause du nouvel engouement manifesté à l’égard de l’Est, le continent oublié.
Le Vatican désire, en tout cas, que les différents diocèses du monde
contribuent, dans la mesure de leurs moyens, à pourvoir à ceux du SaintSiège, qui n’ignore pas, par exemple, que certains diocèses d’Allemagne ou
des Etats-Unis disposent de plus de moyens que les organes centraux de
l’Eglise catholique. Mgr Angelo Sodano, pro-secrétaire d’Etat du Vatican,
qui a présidé la réunion qui vient de s’achever à Rome, avait annoncé la
couleur dès le départ: "L’Eglise de Rome donne beaucoup aux Eglises particulières dispersées à travers le monde. Il est donc juste qu’elle attende
beaucoup de leur part, comme dans un échange entre vases communicants".
La réunion des présidents des Conférences épiscopales a été suivie, le
10 avril, d’une autre réunion, celle du Conseil des cardinaux pour l’étude
des problèmes d’organisation et des problèmes économiques du Saint-Siège.
Ce Conseil, institué en 1981 par Jean Paul II, se réunit deux fois par an.
(apic/cip/jt/cor/pr)