Rome: près de la moitié des Italiens estiment (090791)
Sondage du "Corriere della Sera"
Rome, 9juillet(APIC) Près de la moitié des Italiens estiment que l’Eglise
catholique exerce aujourd’hui un nouveau pouvoir temporel: c’est ce que révèle un sondage publié mardi par le quotidien italien "Corriere della Sera". Ce sondage a été réalisé à la suite de la critique adressée à l’Eglise
par le socialiste Claudio Martelli, vice-premier ministre et ministre italien de la Justice lors du Congrès socialiste qui s’est déroulé en juin
dans la ville italienne de Bari. Dans un discours prononcé le 29 juin, il
avait dénoncé le pouvoir temporel et l’ingérence politique de l’Eglise.
"Il est évident, avait affirmé Martelli, que l’Eglise, dans son oeuvre
de conquête et de reconquête, exerce un nouveau pouvoir temporel en Italie,
après la Pologne et l’Est". Ces propos ont fait l’objet de nombreuses discussions en Italie, où l’Eglise, vu la présence du Vatican et du pape au
coeur de la péninsule, occupe une position particulière.
Le "Corriere della Sera" a voulu connaître l’opinion des Italiens à ce
sujet. Entre le 5 et 8 juillet, il a interviewé un échantillon de 969 personnes âgées de plus de quinze ans. 85,3% des interviewés se disent catholiques et croyants, mais 33,5% seulement va au moins une fois par semaine à
la messe. A la question de savoir si l’Eglise exerce un nouveau pouvoir
temporel, 49,2% répondent oui et 28,9% non; 21,9% n’ont pas d’opinion.
Quant à l’attitude de l’Eglise par rapport à la politique, 56,3% sont
d’avis qu’elle devrait intervenir le moins possible dans ce domaine; 37,4%
trouvent qu’elle doit intervenir quand elle l’estime juste et 6,3% ne se
prononcent pas. Quant à la position de l’Eglise catholique envers la politique italienne, 40,8% des personnes interrogées affirment que l’Eglise
formule de temps en temps des jugements sans s’associer à un parti politique; 41,7% trouvent au contraire que l’Eglise appuie les forces politiques
d’inspiration catholique, en particulier la démocratie chrétienne, le parti
du premier ministre italien Giulio Andreotti et la plus grande formation
politique italienne; 9,5% trouvent que l’Eglise n’intervient presque jamais
dans le domaine politique.
A la question de savoir si on peut soutenir que Jean Paul II, dans son
évaluation de la réalité italienne, est trop influencé par son expérience
polonaise, 46,5% répondent oui et 29% non; 23,6% n’ont pas d’opinion. Enfin, le sondage invite les personnes interrogées à donner des points au pape, de 1 à 10: Jean Paul II obtient une moyenne de 6,7; 55% des personnes
interrogées, cependant, lui attribuent une note entre 7 et 10. (apic/jtcor)