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    du Saint-Siège sur le contrôle de la population

    Rome: polémique autour de la position (230694)

    Pas de divergence sérieuse entre les diverses instances vaticanes

    Rome, 23juin(APIC) Il est "impensable que l’on puisse soutenir indéfiniment une fécondité qui dépasse sensiblement le niveau de deux enfants par

    couple." "Il n’est pas possible de laisser la population croître indéfiniment sur le long terme". Ces deux petites phrases parmi d’autres, tirées

    d’un récent rapport de l’Académie pontificale des sciences, n’ont pas manqué de susciter une vive polémique tant elles apparaissent à première vue

    comme opposées aux récentes prises de position de Jean Paul II en matière

    de contrôle de la démographie mondiale. Il n’y a en fait pas de divergences

    entre les diverses instances, se défend-on au Vatican.

    Le 18 mars dernier le pape ne déclarait-il pas en effet à Mme Nafis Sadik, responsable de la Conférence des Nations Unies sur la population et le

    développement qui aura lieu au Caire en septembre: "Toute propagande ou

    désinformation visant à persuader les couples qu’ils doivent limiter leur

    famille à un ou deux enfants doit être résolument évitée. Nous devons soutenir les couples qui choisissent généreusement une grande famille."

    L’Académie pontificale des Sciences semblait en outre contredire le Conseil pontifical pour la Famille, qui soutenait le 13 mai dernier que

    l’Eglise "ne peut souscrire aux propos alarmistes concernant les différentes évolutions de la démographie mondiale".

    Pour le Père Georges Cottier, à la fois théologien de la maison pontifical et co-signataire du texte de l’Académie pontificale des sciences, la

    polémique suscitée par cette affaire est injustifiée. "Il n’y a pas de contradiction entre ce que dit le pape et le rapport de l’Académie des sciences. L’un utilise la foi et l’éthique, l’autre les statistiques. De plus,

    le pape a lu ce rapport il y a six mois", assurait-il le 11 juin sur Radio

    Vatican.

    Huit jours plus tard, il recevait le soutien de Mgr Elio Sgreccia, numéro deux du Conseil pontifical pour la Famille dans une note "sur les récentes polémiques à propos du rapport Population et Développement": "On a

    écrit que le Saint-Siège aurait changé d’avis en recommandant de limiter,

    sans discernement, les naissances. On a pu penser à tort qu’il y aurait eu

    des tensions et des polémiques entre les organismes du Saint-Siège (...)

    Tout cela procède d’une lecture superficielle et peut être (...) d’une tentative d’affaiblir la position du Saint-Siège dans le contexte international."

    Mgr Sgreccia ajoutait, à propos de la limite des "deux enfants": "le

    chiffre de 2,3 enfants est une donnée scientifiquement valide comme moyenne

    statistique générale pour le remplacement des deux parents (...) mais il

    est évident qu’il ne peut être appliqué aux familles concrètes". Il soulignait enfin que l’Académie des sciences reconnaissait que "l’augmentation

    de la population" donnait lieu à "de multiples interprétations chez les experts eux-mêmes" et qu’elles ne sont donc pas "sûres et absolues".

    Le 21 juin, la toute nouvelle Académie pour la Vie entrait à son tour

    dans le débat par un communiqué publié à l’issue de sa première réunion:

    "Nous nous sentons le devoir, face à la campagne alarmiste en cours, de

    rappeler que l’on ne peut soutenir que le monde est en train d’enregistrer

    une croissance de la population telle qu’il faille prévoir l’imminence d’un

    avenir d’insécurité et de misère. Il est de plus faux, contraire à l’éthique naturelle et hypocrite d’affirmer que le taux de natalité doit être

    contenu de façon drastique, par tous les moyens, pourvu que ceux-ci permettent de contrôler la croissance démographique: contraception, stérilisation, avortement, euthanasie".

    Dans sa note du 18 juin, Mgr Sgreccia rappelait en outre que ce qui intéresse l’Eglise "n’est pas tant la discussion sur les interprétations des

    statistiques" que le problème de la "parenté responsable". C’est précisément ce concept que le pape avait développé devant Nafis Sadik en mars: "Ce

    que l’Eglise appelle parenté responsable n’a rien à voir avec une procréation illimitée ou un manque de conscience sur ce que suppose l’éducation

    des enfants, mais plutôt une incitation pour que les couples utilisent leur

    liberté inviolable de façon responsable et sage et en prenant en compte les

    réalités sociales et démographiques tout comme leur propre situation et désir légitime, à la lumière des critères moraux objectifs." Il ajoutait:

    "L’Eglise s’oppose à toute imposition de limites de la taille des familles."

    Quant à l’augmentation de la population, Jean-Paul II avait rappelé en

    1991 devant l’Académie pontificale des Sciences, que "la croissance de la

    population doit être affrontée non seulement par l’exercice de la parenté

    responsable, (...) mais aussi par des moyens économiques". Le pape ajoutait: "Il est de la responsabilité des autorités publiques, dans la limite

    de leur compétence légitime, de produire des directives qui réconcilient le

    contrôle des naissances et le respect de la liberté et de la responsabilité

    des individus." "L’Eglise, concluait le pape, invite les membres de la famille humaine à planifier son avenir, pas seulement sur la base de considération matérielles, mais aussi dans le respect de l’ordre voulu par Dieu

    dans la création." (apic/jmg/mp)

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