Rome: Plaidoyer du pape pour la lutte contre la faim (070290)
Rome, 7février(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a demandé mercredi au cours
de l’audience hebdomadaire que les efforts consacrés par les pays à l’armement le soient désormais à la lutte contre la faim et le sous-développement. "Les changements survenus en Europe, en particulier en Europe centrale et orientale, devraient dissuader les sociétés concernées, et même les
nations du monde, des confrontations onéreuses qui dérivent de la course
aux armements", a déclaré le pape.
L ’appel du pape intervient après celui lancé mardi en faveur de la paix
au Liban, mais aussi au moment où statistiquement il apparaît une fois encore que les pays du monde entier s’endettent de plus en plus et dépensent
des sommes de plus en plus considérables pour acquérir les armes les plus
sophistiquées. La Suisse s’apprêtant pour sa part à un achat controversé
d’avions militaires. Pour Jean Paul II, plutôt que ces confrontations onéreuses, mieux vaudrait consacrer "les efforts que requiert cette concurrence aux populations les plus pauvres, et particulièrement aux zones les plus
menacées des soi-disant tiers et quart monde".
Evoquant en outre son récent périple africain, Jean Paul II a rappelé
son appel en faveur des pays du Sahel, lancé il y a dix ans au Burkina Faso
et renouvelé dans ce même pays il y a une semaine.
Le pape a voulu attirer une nouvelle fois l’attention sur les problèmes
énormes auxquels sont confrontés les pays africains, où des millions
d’hommes, de femmes et d’enfants sont menacés par "le spectre de ne pouvoir
jouir d’une bonne santé, de ne pouvoir vivre dignement de leur travail, de
ne pas recevoir une formation adéquate, de voir l’environnement leur devenir hostile et stérile, de perdre la richesse de leur patrimoine ancestral,
privés qu’ils sont des apports de la science et de la technique".
Comme il l’avait fait lors de son récent séjour sur le continent noir,
Jean Paul II a supplié ses "frères et soeurs en humanité" de ne pas mépriser les affamés d’Afrique, de ne pas leur dénier le droit universel à la
dignité humaine et à la sécurité. Il a relevé que dans les pays qu’il a visités, où les catholiques ne représentent souvent qu’une petite minorité,
il a pu constater une attitude de respect pour les convictions religieuses
de chacun. (apic/jt/pr)