"L’Europe doit demander pardon aux Tsiganes"
Rome, 23août(APIC) "L’Europe doit demander pardon aux Tsiganes". C’est ce
qu’a affirmé le pape Jean Paul II à l’occasion du pèlerinage à Rome de 500
Tsiganes ’manouches’ venus d’Alsace. Samedi matin, les Tsiganes ont assisté, dans la basilique St-Pierre, à une messe concélébrée par Mgr Giovanni
Cheli, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, et
Mgr Pierre Dupré, secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de
l’unité des chrétiens, ainsi que d’autres prêtres dont quatre aumôniers des
Tsiganes. Dimanche, les Tsiganes ont participé à une autre messe à Pomezia,
lieu où ils sont stationnés.
La rencontre prévue avec le pape ayant dû être annulée suite son opération et à son séjour de repos à Lorenzago di Cadore, Jean Paul II s’est
adressé aux Tsiganes par un message lu au début de la messe. Le pape note
qu’"en cette période de l’histoire, les pays d’Europe sont à la recherche
de nouvelles forces de coopération dans l’ordre de la solidarité et de la
culture. Aussi il est normal que ne soit perdue aucune occasion pour rappeler la nécessité de respecter les Tsiganes selon les plus nobles traditions
de l’Europe. Le Vieux Continent est appelé à inventer des gestes de pardon
pour que les Nations s’unissent pour effacer les injustices qui ont trop
souvent marqué l’histoire séculaire des gens du voyage." Le texte assure en
outre que "l’Eglise donne à tous les Tsiganes une place de choix dans son
coeur maternel. La raison de cette attention pastorale, c’est l’amour
qu’elle porte à tous ceux qui sont mis aux marges de la société, parce
qu’ils manquent de puissance économique et politique. Mais pour l’Eglise,
les Tsiganes demeureront toujours dotés d’une inviolable dignité."
La présence des Tsiganes à Rome est un appel à donner la parole aux millions de Tsiganes, minorité importante, dont les traditions propres exigent
la considération même si elles ne sont pas liées à un territoire particulier. L’Eglise désire en outre "rappeler à la société civile la noblesse de
l’accueil; la juste nécessité de pourvoir adéquatement aux besoins de scolarisation des enfants, de logements pour les jeunes époux; la grandeur de
l’aide désintéressée de beaucoup; l’élémentaire respect de tous", ajoute le
message.
Dans une interview à Radio-Vatican, Mgr Cheli a remarqué samedi que beaucoup de communautés de Tsiganes sont confrontées aux défis des sectes en
particulier des Pentecôtistes. (apic/jt/mp)