l’enseignement de l’encyclique "Humanae Vitae"
Rome, 16février(APIC/CIP) La norme morale enseignée par Paul VI en matière de contraception ne souffre pas d’exception: c’est la mise au point
que fait "L’Osservatore Romano" dans son édition de jeudi, à la suite de la
récente intervention publique sur l’enseignement magistériel de "Humanae
Vitae" de la part d’un théologien moraliste connu.
L’article, qui n’est pas signé, ne cite pas le nom de ce "moraliste connu", mais il ne fait aucun doute qu’il s’agit du religieux rédemptoriste
allemand Bernard Häring, que beaucoup considèrent comme le père de la théologie morale contemporaine. Il y a un mois, ce dernier avait réclamé dans
la revue italienne "Il Regno" une enquête mondiale sur la façon dont est
appliqué l’enseignement de "Humanae Vitae", qui a défini les grandes orientations de l’Eglise catholique en matière de morale conjugale et de parenté
responsable. Il y dénonçait en outre "l’aile intransigeante des moralistes", qui va jusqu’à recourir à des "dénonciations anonymes", et concluait: "Du coup, la confiance est ébranlée. Un processus de polarisation
est en cours. Il a déjà pris la forme d’un schisme psychologique".
Le quotidien du Vatican entend réagir aux "doutes" qui se font jour à
propos de l’interprétation de l’enseignement de l’Eglise, en particulier
celui de "Humanae Vitae", "jugé excessivement rigide et intransigeant", et
aux "craintes" éprouvées par certains de voir l’Eglise perdre ainsi son
crédit et son autorité. L’auteur de l’article constate que les médias ont
alimenté le débat, créant "pas mal de confusion parmi les fidèles", parfois
en recourant à des "simplifications indues" et à des "interprétations erronées".
Le plus souvent, les objections formulées sont émises "sans cette rigueur scientifique" qui doit caractériser toute réflexion théologique sérieuse, constate encore le quotidien, qui déplore plus encore des "attaques
personnelles haineuses et déconcertantes".
La norme livrée par Paul VI "ne souffre pas d’exception"
Entrant dans le vif du sujet, l’auteur de l’article rappelle que la norme livrée par Paul VI "ne souffre pas d’exception". Il ne faut y voir une
interprétation rigide et intransigeante" de la norme morale, mais l’enseignement "clair et explicite" de Paul VI. Et de citer, à l’intention de
ceux qui invoquent la théorie du moindre mal: "En vérité, s’il est parfois
licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand, il
n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin
qu’il en résulte un bien, c’est-à-dire de prendre comme objet d’un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent
une chose indigne de la personne humaine, même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoirs des biens individuels, familiaux ou sociaux.
On se trouve ici en présence d’une opinion théologique qui ne peut être
librement discutée, affirme "L’Osservatore Romano", comme Jean Paul II l’a
du reste rappelé le 5 juin 1987. La contraception est toujours un
"désordre moral..., quelles que soient les intentions, les motivations et
les situations objectives", poursuit le quotidien du Vatican, qui renvoie à
l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" de Jean Paul II : "... au
langage qui exprime naturellement la donation réciproque et totale des
époux, la contraception oppose un langage objectivement contradictoire, selon lequel il ne s’agit plus totalement de se donner à l’autre; il en
découle non seulement le refus positif de l’ouverture à la vie, mais aussi
une falsification de la vérité intérieure de l’amour conjugal, appelé à
être un don de la personne tout entière".
Une contestation "concertée et systématique"
Si les conditions subjectives peuvent avoir une influence sur la responsabilité de la personne, fait encore valoir "L’Osservatore Romano", c’est à
la conscience du sujet, qui "doit être pure", qu’il faut se référer dans
l’évaluation de la responsabilité personnelle.
Quant aux théologiens moralistes, ils ne peuvent, sous peine de contredire leur déontologie, "créer des obstacles à la conscience des époux", ce
qui est le cas lorsque sont alimentés des doutes et des confusions et lorsque l’enseignement du magistère constamment confirmé est contesté publiquement. Pour le quotidien du Vatican, l’une des causes, et pas la dernière,
qui menace et ruine la crédibilité du magistère de l’Eglise est justement
"la contestation concertée et systématique" que quelques théologiens ont
maintes fois opposée à "Humanae Vitae" et ensuite à "Familiaris consortio".
"L’Osservatore Romano" regrette aussi les graves confusions et équivoques dont se rendent responsables ceux qui parlent du magistère en taisant
ou en déformant sa nature spécifique et sa fonction originale. Il rappelle
avec Paul VI que la première tâche des moralistes est d’enseigner sans ambiguïté l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, qu’ils sont "les premiers à donner l’exemple du respect loyal".
Quant à une soi-disante "insistance indue" de l’Eglise sur les questions
qui touchent à la morale sexuelle, le quotidien écrit que cette obstination, si elle dérange ceux qui préféreraient qu’elle se taise ou tienne un
"discours moderne", est pleinement justifiée: du point de vue théologique,
la sexualité s’enracine dans l’homme créé à l’image de Dieu; du point de
vue anthropologique, elle a une importance toute particulière, y compris au
plan existentiel, dans la vocation fondamentale de la personne à l’amour.
(apic/cip/jt/pr)