Rome: participation de l’Eglise orthodoxe russe au Synode (241091)
Rome, 24octobre(APIC) La réponse officielle signifiant le refus du patriarcat de Moscou de participer, à l’invitation du pape Jean Paul II, au prochain Synode sur l’Europe (du 28 novembre au 14 décembre) n’est pas encore
parvenue au Vatican, a déclaré jeudi à Rome Mgr Jan Schotte, secrétaire général du Synode des évêques.
Selon Mgr Schotte, "on ne peut pas exclure la présence d’un représentant
de l’Eglise orthodoxe russe". Une participation que le patriarche de Moscou
Alexis II avait déclinée en expliquant qu’elle serait "ambiguë" et "abuserait l’opinion publique du monde chrétien sur l’état réel des relations entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe russe". La déclaration du patriarche était assortie d’un certain nombre de critiques et accusations, réfutées quelques jours plus tard par le Vatican.
Pour justifier son refus, le patriarche de Moscou avait accusé le SaintSiège d’avoir nommé des évêques en URSS et de créer ainsi des structures
parallèles à celles de l’Eglise orthodoxe russe. Cette dernière invoquait
en outre les difficultés déjà apparues à propos du délicat problème de la
restitution de lieux de cultes aux catholiques de rite byzantin (uniates).
Le patriarche affirmait en outre que "l’esprit de fraternité et de coopération oecuménique a cessé de présider" aux relations entre les deux Eglises
"au profit d’un prosélytisme presque indécent de la part de l’Eglise catholique".
L’Eglise orthodoxe russe, relevait encore le patriarche Alexis II, voit
dans l’attitude de Rome, et en particulier dans la décision de créer des
diocèses là où l’Eglise catholique n’en a jamais eu dans le passé, "une
claire volonté de conquête".
Des critiques et des accusations auxquelles le Vatican avait réagi en
publiant en date du 14 octobre un communiqué expliquant que le Saint-Siège,
qui "désire éviter toute polémique", trouve injuste d’imputer à l’Eglise
gréco-catholique l’échec des négociations avec l’Eglise orthodoxe russe.
Dans son communiqué, le Saint-Siège expliquait qu’il n’est "pas possible
de laisser passer sans commentaires certaines accusations formulées dans la
déclaration du Saint-Synode", et estimait injuste d’imputer à l’Eglise gréco-catholique l’échec des négociations avec l’Eglise orthodoxe russe.
Concernant l’érection de cinq diocèses en URSS et la nomination d’évêques à leur tête, en avril dernier, le Vatican relevait que le pape a fait
son devoir en donnant des pasteurs légitimes aux catholiques "qui se trouvent depuis 70 ans dans une situation de grand dénuement spirituel". (apicjt/pr)