Rome: ouverture par le pape du Sommet de l’Eglise sur le Golfe (040391)
Rome, 4mars(APIC) "Notre rencontre est en elle-même un message qui
s’adresse aux Eglises et au monde. Elle réunit des pasteur de peuples qui
hier se sont opposés par la force. Aujourd’hui (...) ces mêmes pasteurs les
appellent à la réconciliation pour construire ensemble un avenir permettant
à chacun de vivre dans la dignité et la liberté". Ces mots ont été prononcé
lundi en fin de journée par Jean Paul II à l’ouverture du Sommet de l’Eglise catholique sur le Golfe qu’il a convoqué au Vatican. Le pape a mis en
garde les parties en cause dans la guerre du Golfe: "Tout attentisme dans
la recherche de solutions politiques constitue un risque sérieux d’aggravation des tensions existantes".
Ce Sommet réunit les sept patriarches des Eglises catholiques au MoyenOrient, les présidents des Conférences épiscopales de l’Afrique septentrionale, des Etats-Unis, de l’Angleterre et du Pays de Galles, de l’Ecosse, de
la France, d’Italie et de Belgique, le cardinal Carlo Maria Martini, président du Conseil des Conférence épiscopales d’Europe, ainsi que des représentants du Vatican.
Dans son discours, le pape a souligné que "depuis la fin de la seconde
guerre mondiale, un Ordre international a justement vu le jour..." et que
cet Ordre " a exclu la guerre comme moyen adapté à la résolution des différents entre les nations". Jean Paul II a énuméré une série de questions
auxquelles il faut apporter une réponse pour que puissent "coexister dans
la paix aussi bien l’Irak et ses voisins, qu’Israël, le Liban, le peuple
palestinien et les Chypriotes".
Le pape a évoqué à ce propos le respect effectif du principe de l’intégrité territoriale des Etats; la solutions de problèmes non-résolus depuis
des décennies (...); la réglementation du commerce des armes de toutes
espèces; des accords visant au désarmement de la région".
Peuples palestiniens et libanais menacés
S’exprimant à propos des communautés catholiques, minoritaires au MoyenOrient, le pape a observé que dans certains pays comme l’Arabie Saoudite la
liberté religieuse n’existe pas. Jean Paul II a encore dénoncé les inégalités économiques dans la région.
Au terme de son discours, le pape a énuméré quatre lignes de force qui
doivent guider les réflexions durant ce Sommet qui s’achèvera mercredi. Il
a indiqué que "si les problèmes d’hier ne sont pas résolus ou ne conaissent
pas un début de solution, les pauvres du Moyen-Orient - je pense en particulier au peuple palestinien et au peuple libanais - seront encore plus menacés".
Jean Paul II a ensuite nié qu’une guerre de religion est en train de se
dérouler: "Il ne peut y avoir de guerre sainte car les valeurs d’adoration,
de fraternité et de paix qui découlent de la foi en Dieu appellent à la
rencontre et au dialogue", a-t-il expliqué en mettant de plus l’accent sur
le fait que "la solidarité qui sera demandée à la communauté internationale
en faveur des peuples meurtris par la guerre devra être accompagnée d’un
sérieux effort pour que les préjugés et les simplismes ne viennent pas compromettre les meilleures intentions".
Jean Paul II, qui a précisé que l’Eglise dans sa mission n’a pas
d’ambtion de nature politique, a averti que "tout attentisme dans la recherche de solutions ou dans la promotion du dialogue constitue un risque
sérieux d’aggravation des tensions existantes". (apic/jt/pr)