Rome: ouverture du Synode spécial des évêques sur l’Europe (281191)
Rome, 28novembre(APIC) "Réunis en Assemblée synodale, nous désirons écouter le témoignage de l’Esprit du Christ. Sur la base de ce témoignage, nous
voulons dire à l’Eglise tout ce qui est essentiel et important dans cette
phase actuelle de l’histoire". C’est en ces termes que le pape Jean Paul II
a situé le propos de l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Europe qui s’est ouvert jeudi au Vatican et qui se poursuivra jusqu’au 14 décembre. Dans l’après-midi de ce même jeudi, les pères synodaux ont entamé
la session de travail par un discours du cardinal Jean-Marie Lustiger, président délégué de l’Assemblée.
Dans l’homélie prononcée au cours de l’eucharistie inaugurale qu’il a
présidée dans la basilique Saint-Pierre, le pape a mis l’accent sur la nécessité du pardon et de la compréhension mutuelle. Sans se référer à des
situations concrètes, comme les tensions ethniques ou le contentieux qui
oppose catholiques et orthodoxes, Jean Paul II a indiqué le chemin: "Nous
devons toujours pardonner, en nous souvenant que nous avons besoin nous
aussi de pardon... Le pape a invité à faire en sorte que "les fruits de
l’Esprit puissent toujours prévaloir sur les fruits de la chair, qui sont
tristement marqués par des dissensions, des divisions, des factions".
En cette "fin de siècle dramatique", en ce "moment dense d’importantes
interrogations face à la vie spirituelle et sociale de l’Europe", Jean Paul
II a demandé à l’assemblée de chercher à "fournir une réponse capable de
mobiliser les esprits en vue d’une nouvelle évangélisation de l’Europe en
ce moment historique décisif".
Durant l’Eucharistie, l’assemblée a prié pour la paix en Yougoslavie et
pour les responsables des nations du continent, afin que "dans une nouvelle
Europe libérée des oppressions idéologiques", ils réalisent des initiatives
politiques et économiques "qui favorisent l’unité et la collaboration entre
les personnes et les communautés, dans le respect de leurs diversités".
Début des travaux et invitation au repentir
Il était 17 heures lorsque les pères synodaux ont entamé la session de
travail proprement dite. Cette première séance s’est ouverte par une allocution de bienvenue du cardinal Lustiger. L’assemblée a ensuite entendu les
rapports du secrétaire général du Synode, Mgr Jan Schotte, et du rapporteur
général de l’assemblée, le cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le
diocèse de Rome et président de la Conférence épiscopale italienne.
En accueillant les pères synodaux, le cardinal Lustiger a souligné le
caractère exceptionnel de l’Assemblée: "A vue humaine, il était impossible
d’imaginer que ce jour advienne. La porte était close, la muraille élevée".
L’archevêque de Paris a relevé en même temps que "les peuples de l’Europe
souffrent encore des divisions et des séparations léguées par leur histoire. Certains, aujourd’hui même, se déchirent en des conflits meurtriers".
"Conscients de notre faiblesse et de notre indignité, nous devons, pasteurs de l’Eglise, accomplir en cette Assemblée la réconciliation que les
peuples d’Europe désirent sans la trouver", a poursuivi le président délégué. Dans son discours, Mgr Lustiger a en outre rappelé que les évêques ont
été invités par le pape entre autres "pour nous repentir des fautes tragiques qui ont marqué à jamais notre continent pour guérir par le pardon les
blessures dues au péché accompli ou subi".
"Phase d’écoute"
Aux cours de la première partie des travaux, appelée "phase d’écoute",
vont se succéder les interventions (8 minutes) de chacun des pères
synodaux, auxquelles s’ajouteront cinq "auditions", celles notamment des
"délégués fraternels". (apic/cip/jt/pr)