"La grave injustice infligée au peuple palestinien et arabe"
Rome, 2avril(APIC/CIP) Venu présenter samedi 1er avril ses lettres de
créance au pape Jean Paul II, le nouvel ambassadeur de Syrie près le SaintSiège, Hunain Hatem s’est réjoui que le Vatican "manifeste un intérêt tout
particulier" pour cette région, en raison notamment de "la grave injustice
infligée au peuple palestinien et arabe".
Dans sa réponse, le pape Jean Paul II a souhaité la paix pour le ProcheOrient, "une paix qui permette à des peuples, que leurs héritages devraient
rapprocher, de recouvrer leur indépendance, leur tranquillité et leur prospérité".
La nonciature à Beyrouth sous les obus
Le pape Jean Paul II, s’adressant à son interlocuteur syrien, a condamné
l’utilisation de toute forme de violence comme "solution illusoire" aux
conflits, car la violence ne laisse derrière elle que ruines pour les
générations futures. Ce discours a acquis une certaine résonnance, alors
que quelques heures plus tard les obus de l’artillerie syrienne ou de ses
alliés libanais touchaient la nonciature apostolique dans le quartier
chrétien de Beyrouth, sans toutefois blesser le nonce, Mgr Luciano Angeloni, mais causant d’importants dégâts matériels.
En dépit de la "volonté" syrienne "d’arriver à une solution juste et durable, l’occupation israélienne se poursuit", a déploré le nouvel ambassadeur syrien, âgé de 58 ans. "La Terre Sainte de Palestine, du Golan et du
Sud-Liban demeure foulée aux pieds des occupants et la spoliation des
droits du peuple palestinien demeure le pilier de la politique israélienne". Le nouvel ambassadeur a cependant exprimé l’espoir qu’avec l’appui du
Saint-Siège les efforts en vue d’une "paix juste et durable" dans cette
région pourraient aboutir.
Dans sa réponse, le pape Jean Paul II a surtout attiré l’attention sur
les innombrables souffrances endurées par les populations du Proche-Orient,
"en proie à des conflits destructeurs et meurtriers depuis si longtemps".
Est-il donc impossible, s’est demandé le pape, "de donner à cette région du
monde ou la diversité des peuples et des religions est ineffaçable de par
son enracinement historique, ce visage original de convivialité qui fut
longtemps exemplaire" ? Les nations ont le droit de préserver, en toute liberté et indépendance, leur physionomie", a encore insisté le pape.
(apic/jt/be)