Rome: mise au point du Vatican après l’appel (050393)
Rome, 5mars(APIC) Une semaine après la publication de la lettre adressée
par le pape à l’archevêque de Sarajevo, appelant à venir en aide aux femmes
qui ont été victimes de viols et aux enfants qui naitront de cette violence, la Salle de presse du Vatican a publié vendredi une mise au point réfutant les accusations de groupes de femmes qui reprochaient au pape de
n’avoir pas eu "un mot de réprobation à l’égard des bourreaux" ni de "compassion à l’égard des victimes".
Le groupe féministe "Contraparola" a publié une déclaration dénonçant la
prise de position du pape et invitant les femmes à ne pas inclure l’Eglise
catholique parmi les bénéficiaires des impôts (8 pour mille) destinés à des
oeuvres sociales et humanitaires.
De telles affirmations sont tout à fait fausses. Pour s’en convaincre,
il suffit de lire la lettre de Jean Paul II à laquelle ces femmes font référence, note le Vatican. Le pape après y avoir exprimé sa solidarité avec
les victimes "d’une telle dévastation prolongée, matérielle et spirituelle", causée par "des violences particulièrment féroces", a invité à prendre
en charge "de toute urgence de la situation des mères, des épouses et des
filles qui, suite à un accès de haine raciale ou de convoitise brutale, ont
subi des violences.
La salle de presse, dossier à l’appui contenant les discours du pape des
9 et 10 janvier à Assise et celui du 26 janvier devant le Corps diplomatique, dénonce "cette polémique artificielle, qui paraît manipulatrice et dénuée de fondement". Cette campagne "empêche de saisir le sens d’un rappel
des valeurs suprêmes, sans lequel il n’y a pas de respect de la personne",
déplore le Vatican.
Ces derniers jours, la plupart de organes de presse ont attribué au pape
des propos qu’il n’a pas tenus, lui reprochant entre autres d’avoir condamné
les femmes qui se sont fait avorter à la suite d’un viol. La lettre du pape
ne contient en fait aucune condamnation des victimes de viols, ni aucune
allusion à des avortements.
Les agences se sont référées, semble-t-il, à une allusion faite par le
pape devant des hôtes autrichiens. Ici non plus, pas de condamnation ni
d’allusion à l’avortement: "Non loin des frontières de votre pays, a dit le
pape, le monde est chaque jour témoin que des hommes et des peuples sont
torturés" et que "la dignité humaine, surtout celle des femmes humiliées et
violées, ainsi que des enfants démunis, est violée de façon brutale. Mon
appel urgent s’adresse à tous les ceux qui ont des responsabilités publiques, afin qu’ils fassent tout leur possible pour restaurer le bien, la
paix et la justice."
A propos d’une prétendue autorisation que le Vatican aurait accordé à
des religieuses violées et enceintes de se faire avorter, Mère Lilia Capretti, présidente de l’Assembleé italienne des ordres religieux a déclaré
à Radio Vatican, qu’au contraire, ces religieuses ont assumé leur état.
"Nous n’avons pas choisi la maternité physique, mais dans une situation de
violence, nous ne pouvons pas dire non plus que nous perdons la virginité.
S’il y a une vie à accueillir, la femme accueille cette vie." Et Mère Capretti d’ajouter que la Yougoslavie n’est pas le seul pays où des religieuses ont été violées. En pareil cas, "une religieuse mène la grosssesse à
son terme et peut compter sur la solidarité de sa communauté". Des soeurs
ont-elles quitté leur couvent à la suite de viols? "Je ne le crois pas,
précise Mère Capretti, il ne serait ni humain ni charitable d’abandonner
une personne au moment où elle en a le plus besoin". (apic/cip/mp)