Rome : Message du pape pour la Journée mondiale de la paix 1990 (041289)
Rome, 4décembre(APIC) "La paix avec Dieu créateur. La paix avec toute la
création" : tel est le thème du message de Jean Paul II pour la Journée
mondiale de la paix 1990, message rendu public mardi 5 décembre à Rome. Le
pape y rappelle la responsabilité de l’homme dans la préservation de
l’équilibre écologique, soulignant "le rapport entre l’agir humain et l’intégrité de la création". Pour lui, une société pacifique se construit dans
le respect de la personne et du créé : une telle attitude nécessite "une
action concertée au niveau international". Les chrétiens doivent y prendre
part au nom de leur foi.
Le pape se montre désireux de favoriser la formation d’une "conscience
écologique". Partant de l’analyse du récit biblique de la Création, il
s’interroge sur les dommages causés par l’homme au créé et invite à "remonter aux sources et à considérer dans son ensemble la crise morale profonde
dont la dégradation de l’environnement est un des aspects préoccupants". La
crise écologique actuelle est d’abord morale : conséquence de "l’application sans discernement des progrès scientifiques et technologiques" et de
"manquements au respect de la vie" (le pape met en garde contre une pratique abusive des manipulations génétiques), elle convie toute la communauté
humaine - individus, Etats et organisations internationales - à "prendre au
sérieux ses responsabilités".
Jean Paul II esquisse des solutions : convaincu que l’ordre de l’univers
doit être respecté et que la terre est "un héritage commun dont les fruits
doivent profiter à tous", il appelle tous les partenaires sociaux à mettre
en place "un système de gestion des ressources de la terre mieux coordonné
sur le plan international". Un tel système ne diminue cependant pas la responsabilité de chaque Etat.
L’éducation à l’écologie : partie intégrante de l’activité de l’Eglise
"La crise écologique met en évidence la nécessité morale urgente d’une
solidarité nouvelle, particulièrement dans les rapports entre les pays en
voie de développement et les pays à forte industrialisation" affirme Jean
Paul II : une exigence qui, espère-t-il , "créera des occasions favorables
pour consolider les relations pacifiques entre les Etats". Parvenir à un
juste équilibre écologique implique que "l’on s’attaque directement aux
formes structurelles de la pauvreté existant dans le monde" et à la guerre
qui, si elle détruit des vies humaines, atteint aussi les récoltes et la
végétation, créant pour les survivants des conditions naturelles très difficiles.
"La société actuelle ne trouvera pas de solution au problème écologique
si elle ne révise pas sérieusement son style de vie" dit Jean Paul II, qui
souligne la nécessité d’une "éducation à la responsabilité écologique" :
celle-ci ne poursuit ni objectif idéologique ni objectif politique, elle
"suppose une conversion authentique dans la façon de penser et dans le comportement". Pour le pape, elle est partie intégrante de l’activité des
Eglises. Elle permettra entre autres une meilleure planification urbaine,
"aspect important de la protection de l’environnement" dans la perspective
de la valeur esthétique de la création.
Pour terminer le pape rappelle que l’écologie concerne tous les hommes.
Il invite chaque chrétien, à l’image de saint François d’Assise, à travailler dans ce domaine, puisque "L’engagement du croyant en faveur d’un environnement sain découle directement de sa foi en Dieu". (apic/cor)