Rome: message du pape au secrétaire général de l’ONU (120393)
L’ONU est le forum le plus adéquat pour le droit d’intervention
Rome, 12mars(APIC) Par l’intermédiaire du cardinal Roger Etchegaray, Jean
Paul II a remis jeudi à Boutros Gahli, secrétaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU), un message sur la situation dramatique en Bosnie-Herzégovine. Le pape exprime son appui à l’ONU, "le forum le plus adéquat pour
que la communauté internationale prenne ses responsabilités envers certains
de ses membres".
Dans sa lettre au secrétaire de l’ONU, le pape décrit d’abord les méfaits de la guerre qui se poursuit en Bosnie-Herzégovine: "Aujourd’hui le
monde assiste en témoin impuissant au drame qui afflige les populations de
la Bosnie-Herzégovine. Depuis des mois la communauté internationale voudrait venir au secours des victimes de cette guerre effroyable: Enfants
blessés, devenus orphelins, privés d’avenir, découragés devant la cruauté
de la vie; femmes violées, torturées ou jetées sur les routes dans le froid
et l’abandon avec ce qui reste de leur famille, pour sauver ce qui peut
l’être; hommes, le plus souvent des vieillards, privés d’un toit protecteur
et obligés d’abandonner ce qui a fait le bonheur de toute leur vie".
Les visages de la haine
"La mort , la torture, le viol et l’expulsion sont les multiples visages
de la haine qui dresse les unes contre les autres des populations aux racines culturelles ethniques et religieuses différentes mais proches de fait
par la géographie et par l’histoire", poursuit Jean Paul II . "Comme pasteur de l’Eglise catholique, je supplie les hommes de bonne volonté qui
oeuvrent au sein de l’ONU de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour
mettre fin à ce conflit", ajoute-t-il.
Le droit d’intervention
Le pape aborde aussi la question délicate du droit d’intervention. Il le
fait en ces termes: "L’ONU est aujourd’hui le forum le plus adéquat pour
que la communauté internationale prenne ses responsabilités envers certains
de ses membres, incapables d’assumer eux-mêmes leurs différences. L’autorité du droit et la force morale des plus hautes instances internationales
sont les fondements sur lesquels reposent le droit d’intervention pour la
sauvegarde de populations prises en otages par la folie meurtrière de fauteurs de guerre". (apic/vo/ba)