Rome: message des participants au Sommet de l’Eglise sur le Golfe (060391)
Rome, 6mars(APIC) Dans un message adressé au monde à l’issue du Sommet de
l’Eglise sur la crise du Golfe convoqué à Rome par Jean Paul II, les patriarches, cardinaux et évêques présents déclarent rejeter toute interprétation religieuse de cette guerre. Ils insistent sur les droits "inaliénables" des Palestiniens à une patrie et sur le droit du peuple israélien à
des "frontières sûres", mais aussi sur la nécessité de sauvegarder la souveraineté du Liban.
Le message, rédigé au nom des participants par le cardinal Carlo Maria
Martini (Milan), président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe
(CCEE), Mgr Jean-Louis Tauran, "ministre des Affaires étrangères" du Vatican, Mgr Jean-Pierre XVIII Kasparian, patriarche de Cilicie des Arméniens
(Beyrouth), Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, exprime également la crainte que lors des initiatives politiques que l’on attend à
propos du Moyen-Orient "il ne soit pas tenu dûment compte du caractère
spécifique et sacré de la ville de Jérusalem".
Le texte reflète les diverses sensibilités exprimées lors des travaux,
estime-t-on à Rome, même si les rédacteurs se sont abstenus de citer l’ONU
qui, de l’avis des patriarches d’Orient, a perdu beaucoup de crédit en
Orient.
Les participants sont unanimes à considérer que, comme l’a déjà observé
Jean Paul II, "le recours à la force des armes est un signe d’un déclin de
l’humanité, un échec de la communauté internationale".
Le message parle de "l’injuste agression" du Koweït et des "ambiguïtés"
que la guerre a dissimulées; il exhorte "tous les chrétiens du Moyen-Orient
à ne pas se considérer comme étrangers dans cette partie du monde" et assure les "frères juifs et musulmans" de la volonté de "maintenir avec eux un
dialogue sincère, profond et constant (...) qui doit permettre à chaque
communauté une authentique liberté de religion..."
Les participants souhaitent en outre que les pourparlers pour une paix
juste ne comportent "aucune humiliation pour quiconque, ni aucun caractère
de punition". Les patriarches, cardinaux et évêques demandent enfin "une
juste redistribution des richesses naturelles dans la région" et la promotion de "programmes de développement en faveur des populations les plus défavorisées". Ils relèvent que ces objectifs seront plus faciles à réaliser
par "une sévère réglementation du commerce des armes" et un "désarmement
substantiel et contrôlé qui engage chacun". (apic/cip/jt/pr)