Rome, 16novembre(APIC/CIP) La situation alimentaire mondiale appelle une
"solidarité morale", a déclaré Jean Paul II, dans un discours adressé aux
participants de la 25e Conférence générale de la FAO (Organisation des
Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), actuellement réunie à
Rome.
Jean Paul II a souligné combien il est "important que toute aide étrangère - pas seulement financière - soit le prix d’une solidarité des riches
avec les pauvres", une solidarité qui s’exprime par des mesures "vraiment
désintéressées" et ne se traduise donc pas par "de nouvelles formes de domination".
A ce propos, le pape a montré la nécessité de "normes reconnues par tous
et réalisables" en vue de régir les relations commerciales, la nécessité
d’éviter tout protectionnisme qui y ferait obstacle ou empêcherait les pays
en voie de développement d’avoir accès à leur part de marché.
Jean Paul II n’a pas caché sa préoccupation face à la détérioration de
la sécurité alimentaire dans le monde, en relevant que, parallèlemnt à un
accroissement de la population mondiale, se manifeste une diminution des
aliments disponibles. Cela se solde, a-t-il observé, par une diminution des
réserves alimentaires, qui sont "une garantie nécessaire" contre les
situations de famine et de sous-alimentation. Le pape a encore dénoncé la
politique économique axée sur un secteur déterminé de la part de certains
pays qui réduisent artificiellement leur haute production.
Une bonne partie du discours du pape est consacré au problème de la
protection de l’environnement. Jean Paul II y condamne l’utilisation
indiscriminée de ressources naturelles, soulignant la "grave responsabilité
morale" qu’implique leur exploitation, mais aussi la "grave obligation
morale" de réparer les dégâts déjà causés à la nature et de les éviter à
l’avenir.
Le pape a ici attiré l’attention sur le problème des déchets toxiques
déplorant les abus dans l’utilisation des produits chimiques dans
l’agriculture. L’économie, a-t-il dit, doit prévoir et accepter les
dépenses qu’exige la protection de la nature. C’est pourquoi l’adoption de
mesures "écologiques", par exemple face au risque de pollution nucléaire,
qui impliquent une solidarité entre les nations et les décisions au niveau
mondial.
Jean Paul II s’est enfin réjoui de l’attention apportée par la FAO au
rôle de la femme. "Ce n’est qu’en affirmant la dignité de la femme comme
personne humaine, a-t-il dit, que l’on pourra parvenir à une juste
considération de leur participation au développement socio-économique, au
progrès du monde rural et à la promotion sociale". (apic/jt/bd)