"La charité ne peut attendre"
Rome, 5 février(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu mercredi en audience
privée Mère Teresa de Calcutta, arrivée la veille à Rome après avoir subi
une intervention chirurgicale aux Etats Unis. Si le Vatican n’a fourni aucune précision sur le contenu des entretiens ni sur les projets de la religieuse qui auraient pu faire l’objet de discussions, le quotidien napolitain "Il Mattino" publie en revanche, dans son édition de mercredi, une interview du Prix Nobel de la Paix 1979 sur le travail qui l’attend.
Une journaliste du quotidien, qui accompagnait la fondatrice des Missionnaires de la Charité à bord de l’avion qui l’a ramenée des Etats-Unis,
lui a demandé pourquoi elle avait mis tant de hâte à revenir à Rome et à
reprendre son travail. "La charité ne peut pas attendre, surtout maintenant
que nous devons commencer notre travail en Chine. Ils nous ont promis que
nous pourrons construire une maison pour des enfants malades", a répondu
Mère Teresa.
Les Missionnaires de la Charité travaillent déjà en Russie, en Albanie
et à Cuba. "Le travail que nous effectuons est si précieux que même les régimes révolutionnaires, athées et matérialistes ne trouvent aucun motif de
nous chasser. Le langage de l’amour est universel".
Pour la religieuse d’origine albanaise, âgée aujourd’hui de 81 ans, "la
plus grande pauvreté des riches est qu’ils sont attachés à leurs richesses.
Ils sont malheureux, car ils veulent toujours plus".
Le Prix Nobel de la Paix pense aussi que quelque chose a changé dans le
monde grâce à son travail de charité. "Tant de personnes commencent à se
rendre compte de l’existence des pauvres, en particulier des plus pauvres
parmi les pauvres, ceux qui sont rejetés, ceux qui ne sont pas aimés. Au
début, personne à Calcutta ne se préoccupait du sort de ceux qui meurent
dans la rue. Aujourd’hui, on leur accorde plus d’attention. Les gens s’occupent des pauvres". (apic/cip/jt/pr)