Rome: lettre du pape aux évêques sur le respect de la vie (210691)
Rome, 21juin(APIC) Le Vatican a publié vendredi une lettre de Jean Paul
II sur le respect de la vie. Une lettre que le pape adresse aux évêques du
monde entier pour les inviter à encourager, face à "une perte de la sensibilité morale dans les consciences", les initiatives qui vont "à contrecourant de la mentalité de la mort". La lettre du pape fait suite au consistoire tenu à Rome du 4 au 7 avril dernier, au cours duquel les cardinaux
se sont penchés sur les questions du respect de la vie.
Dans sa lettre, le pape dit partager l’inquiétude des évêques face aux
menaces qui pèsent sur la vie et demande "surtout" leur collaboration. Les
statistiques, écrit-il, révèlent "un véritable massacre des innocents à
l’échelle mondiale".
Ce qui est "surtout préoccupant" c’est, aux yeux du pape, de voir que
"la conscience morale semble s’obscurcir terriblement". En effet, les législations et réglementations civiles révèlent et contribuent même à renforcer une "perte de la sensibilité morale dans les consciences", observet-il avant d’ajouter: "Quand des Parlements votent des lois qui autorisent
la mise à mort d’innocents, quand des Etats mettent leurs ressources et
leurs structures au service de ces crimes, les consciences individuelles,
souvent peu formées, sont plus facilement induites en erreur".
Briser le cercle vicieux
Jean Paul II indique aux évêques la priorité: "Pour briser ce cercle vicieux, il semble plus urgent que jamais de réaffirmer avec force notre enseignement commun (...) au sujet de l’intangibilité de la vie humaine".
L’Eglise doit annoncer "l’Evangile de la vie", "avec courage, même s’il lui
faut pour cela aller à contre-courant, par la parole et l’action, devant
les individus, les peuples et les Etats, sans aucune peur".
En l’année du centenaire de l’encyclique "Rerum novarum", le pape fait
une comparaison avec le document de Léon XIII: l’Eglise prit alors "avec
grand courage" la défense de la classe ouvrière opprimée "en proclamant
les droits sacro-saints de la personne du travailleur".
Jean Paul II invite les évêques à "exercer une vigilance particulière
sur l’enseignement qui est donné à ce sujet" dans les séminaires, dans les
écoles et dans les universités catholiques. Il leur demande d’"être des
pasteurs attentifs, afin que soit maintenue dans les hôpitaux et cliniques
catholiques une façon d’agir conforme à leur nature"; d’encourager "la réflexion scientifique, les initiatives législatives et politiques qui vont à
contre-courant de la mentalité de la mort".
Le pape conclut en soulignant que l’Eglise entend contribuer "à l’avènement toujours plus large et radical de la culture de la vie, qui constitue
le présupposé essentiel de l’humanisation de notre société". (apic/cip/jtpr)