Rome: les présidents des Conférences épiscopales (080491)
Rome, 8avril(APIC) Le canon 1271 du code de droit canonique selon lequel
les évêques doivent contribuer à procurer les moyens dont le Saint-Siège a
besoin pour exercer son service à l’Eglise universelle n’est pas "une simple exhortation mais représente pour chaque évêque diocésain (...) une
vraie obligation". C’est ce qu’a souligné lundi matin à Rome le cardinal
José Rosalio Castillo Lara, président de l’administration du patrimoine du
Siège apostolique, au cours de la réunion de tous les présidents des Conférences épiscopales qui, pendant deux jours, examineront les problèmes relatifs à la situation économique du Saint-Siège.
Depuis des années, le Saint-Siège, l’organe central de l’Eglise catholique, est dans les chiffres rouges. En 1989, la dernière année sur laquelle
le Vatican a fourni des chiffres officiels, le déficit du Saint-Siège était
de 54,687 millions de dollars. Le cardinal Lara a précisé que le déficit
n’est pas dû à une mauvaise gestion, mais à une radicale disproportion entre les entrées (87,808 millions de dollars en 1989) et les dépenses, qui
étaient de 142,495 millions de dollars. Une grande partie du déficit en
1989 a été couvert par le denier de saint Pierre pour un total de 48,438
millions de dollars.
Le cardinal Edmund Casimir Szoka, président de la préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège, a observé pour sa part que le denier et
d’autres offrandes ne devraient pas servir en réalité à couvrir le déficit,
mais devraient permettre au pape d’exercer la charité universelle, par
exemple pour les besoins de l’Eglise en Europe de l’Est.
Quant au jésuite Albert Vanhoye, secrétaire de la Commission biblique
pontificale, il a fait une comparaison avec saint Paul qui organisait une
collecte en faveur de l’Eglise de Jérusalem. Il a expliqué que, comme les
chrétiens venus des nations païennes avaient alors une dette envers l’Eglise-mère de Jérusalem, "de façon analogue, on peut, semble-t-il, parler actuellement d’une dette des Eglises particulières envers le Siège apostolique dont elles reçoivent participation à des biens spirituels d’importance
fondamentale".
Dans son introduction, le pro-secrétaire d’Etat du Vatican, Mgr Angelo
Sodano, a souligné que toute l’histoire bi-millénaire de l’Eglise est une
histoire "de solidarité, de générosité, de contribution de tous genres aux
oeuvres catholiques". Il a donn à ce propos l’exemple des superbes cathédrales, des oeuvres de charité, des écoles et des universités. Mgr Sodano a
en outre souligné la nécessité de la générosité et de la solidarité non
seulement de la part des évêques, mais aussi des fidèles. "L’Eglise de Rome, a-t-il déclaré, donne beaucoup aux Eglises particulières dispersées
dans le monde. Il est donc juste qu’elle attende beaucoup de leur part,
comme dans un échange entre vases communicants". (apic/jt/pr)