"La pauvreté est un scandale", déclare Jean Paul II
Rome, 28juillet(APIC/Jacques Berset) Toutes les formes de pauvreté dont
souffre les familles les plus pauvres "sont un scandale, et un scandale insupportable", a déclaré jeudi soir le pape Jean Paul II recevant dans sa
résidence d’été de Castelgandolfo quelque 300 délégués des familles du
quart-monde de quatre continents, dont 25 personnes venant de Suisse. C’est
avec l’espoir que les choses changent pour les familles qui vivent dans la
misère que les délégués du quart-monde de 24 nationalités et de diverses
confessions et religions sont venus à Rome pour faire connaître leurs difficiles conditions de vie au chef de l’Eglise catholique.
Chaque délégation a remis au pape, au cours d’une émouvante cérémonie,
une poignée de terre récoltée dans les bidonvilles, les décharges publiques, les lieux de misère des pays où ils vivent. Par sa démarche, qui ne
se veut pas "confessionnelle", le mouvement ATD Quart Monde, qui regroupe
des volontaires, des alliés, et des familles pauvres de diverses religions
et groupes de pensée, entend souligner le droit à la spiritualité au sens
large des familles les plus pauvres.
Les familles dans la misère, a relevé Alwine de Vos van Steenvijk,
présidente du mouvement international ATD Quart Monde, n’ont pas seulement
besoin d’un travail, d’un toit, de nourriture ou d’argent, mais également
de reconnaissance : que l’on prenne en considération ce qu’elles portent au
plus profond d’elles-même, en tant qu’êtres humains, qualité qui leur ait
souvent niée.
Ces pauvres que l’on cache au pape
Grâce au Père Joseph Wrésinski, fondateur il y a 32 ans du mouvement ATD
Quart Monde, a déclaré Alwine de Vos van Steenvijk au pape Jean Paul II :
"Vous avez devant vous des parents de familles que le monde, par respect de
vous, écarte de votre chemin par pudeur de ne pas vous montrer les vraies
plaies de la misère; interdits ainsi de ne jamais vous parler, ils ont tout
le temps voulu vous voir".
Le pape Jean Paul II a rendu hommage au Père Joseph Wrésinski, il a souligné que les souffrances, le mal ne viennent pas de Dieu, mais ont leurs
sources dans la liberté humaine mal comprise, mal utilisée, dévoyée. Il a
dénoncé l’ambivalence de la liberté humaine et souligné qu’il faudra toujours lutter avec lucidité et détermination non-violente contre les pauvretés humiliantes et accablantes, et contre les structures qui les entretiennent et même les augmentent. Il a également relevé que les pauvres eux-mêmes peuvent et doivent être les sauveurs des pauvres.
Il a encore rappelé que le Christ, fondateur de l’Eglise, est le défenseur et l’ami des pauvres. Il a encouragé le mouvement ATD Quart Monde à
entrer en contact avec les Eglises locales, en particulier les Conférences
épiscopales, et à collaborer davantage encore avec les organismes sociaux
caritatifs existants. Sous les applaudissements, il a conclu : "La cause
des pauvres habite mon coeur". (apic/be/bd)